Mardi 27 juin
Refuge d’Arlet – Refuge d’Ayous
 

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Orage en préparation

Au matin du 27 juin Alain et moi avons cheminé ensemble sur les crêtes de la montagne de Banasse. C’est là qu’Alain a pris son envol…je ne le reverrai plus jusqu’à Banyuls.   

Mon objectif, le col du Somport et le refuge d’Ayous. J’aperçois une dernière fois Alain sur le flanc opposé au niveau de la cabane Grosse et me rend compte qu’il part tout droit sur une piste qu’il ne fallait surtout pas descendre ! Bah ! Ses jambes sont suffisamment costaudes pour le ramener sur le bon chemin, plus tard.
La descente vers le parking du Sansanet me fait plonger dans la brume….les bergers d’Espélunguère traient leurs brebis dans la purée de poix. Celui de la cabane d’Escuret n’est pas mieux loti ! Il me confirme qu’il n’a vu personne passer avant moi, ce qui me laisse à penser qu’Alain est parti plein Est au lieu de descendre vers le Sud….il me donnera ses positions sur le portable. Le brouillard est toujours présent lors de la montée vers le Somport. Il ne disparaîtra que là haut. A noter : à la venta du Somport, pas question d’acheter les fruits au détail ! 1 Kg minimum ! Bon, ben j’achète 1 Kg de pêches, j’en consomme un max sur place et je me casse de là en direction du col des Moines. La brume a complètement disparu mais les cumulus annonceurs d’orage me talonnent ! J’hésite entre le bivouac et le refuge d’Ayous. Finalement j’opte pour le refuge même s’il m’impose un détour. Cette option me permettra une rencontre des plus sympathiques…

Mercredi 28 juin

Refuge d’Ayous - Refuge de Pombie

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Patrice, le marathonien contemplatif !

A l’origine, l’objectif était de joindre le pont d’Arrious, voire le col du même nom.
La veille au soir, au refuge, je fais la connaissance d’un randonneur un peu « désemparé ». Patrice il se nomme. Il est parti lui aussi d’Hendaye avec un ami qui l’a planté 3 ou 4 jours après leur départ….si j’ai bien compris, c’est son ami qui avait préparé l’itinéraire HRP mais manque de préparation et de condition celui-ci l’a laissé en lui léguant son topo de Véron et….bonne chance !

Manifestement Patrice n’a pas très confiance en lui-même et s’apprête à faire la traversée par le GR 10, ce qui l’ennuie énormément. Après discussion, je lui propose de m’accompagner jusqu’à la vallée du Marcadau, au-dessus de Cauteret, où je dois récupérer un copain qui m’accompagnera pendant 15 jours. Petit détail : Patrice est un marathonien et prépare les 100 Km de Millau pour l’année prochaine ! Décidément, entre Alain le fondeur et Patrice le marathonien….

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L'Ossau

Nous partons donc vers Pombie et l’Ossau. Patrice s’adapte tout à fait à mon allure et semble ravi de la tournure des évènements. A « Peyreget » le berger trait ses brebis (Ah ! le fromage de brebis de la vallée d’Ossau !). du col nous apercevons le refuge de Pombie. Il fait beau, petites photos devant « Jean-Pierre » et nous décidons d’aller manger l’omelette au refuge avant de poursuivre. Tandis que nous mangeons : badaboum, badaboum, badaboum ! L’orage éclate et c’est parti pour l’après-midi (il est 12h 30 !). C’est long une ½ journée enfermé dans un refuge ! Et ce n’est pas la victoire de l’équipe de France de foot sur l’Espagne qui y changera quoique ce soit !

Jeudi 29 juin
Refuge de Pombie – Refuge de Respomuso

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Départ sous un ciel magnifique. Tout le monde est parti de bonne heure. Il faut dire que l’après-midi d’hier a compromis pas mal de balades. Nous descendons jusqu’à la cabane de Soques en compagnie d’un couple venu du « Beaujolais » avec lequel nous avons sympathisé. Le passage d’Orteig qui mène au refuge d’Arrémoulit est assez impressionnant. Nous hésitons à manger l’omelette à Arrémoulit ne sachant pas si c’est la cause de déclanchement d’orages prématurés ! (cf. hier). La gardienne du refuge est enceinte jusqu’aux yeux…elle est rayonnante de grossesse et belle comme le décors qui l’entoure…il faut que le ou la petit(e) naisse ici, au milieu de ces montagnes ! Ce ne sera pas le cas : l’accouchement est prévu dans un mois et elle compte bien redescendre à pied ! Toujours par un temps magnifique, nous nous dirigeons vers le col d’Arémoulit pour découvrir, de l’autre côté, les lacs d’Arriel. La descente est délicate mais nous permet de déguster à sa juste valeur le paysage qui plonge vers l’Espagne. Des lacs, l’accès à Respomuso est long mais facile. En arrière plan se détache la Grande Fache au pied de laquelle nous passerons demain.

Vendredi 30 juin
Refuge de Respomuso – Colde la Fache – Vallée du Marcadau

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Départ de Respomuso par temps clair. L’accès au col de la Fache est entrecoupé de névés pas bien méchants. Les lacs de la Fache sont encore à moitié recouverts de neige. Ces touches blanches donnent un aspect encore plus « haute montagne » à notre périple. La Fache, je connais pour y être allé il y a quelques années. Je propose tout de même à Patrice d’y aller mais celui-ci préfère avancer. Dommage, à 1h à peine il aurait pu jouir d’un panorama extraordinaire par une météo superbe. Nous basculons vers le refuge Wallon et la vallée du Marcadau.

« Tu n’es pas idiot, tu as des cartes et le topo, tu as des jambes qui te permettent de te ramener si tu te plantes, alors tu peux partir vers le lac d’Aratille et le col des mulets sans problème et, arrivé au refuge des Oulettes, tu verras si tu te sens d’aller au refuge de Baysselance. Quant à moi, je descends pour accueillir mon ami Christian qui me rejoint pour m’accompagner jusqu’au Port de la Bonaiga. Alors salut, on se tient au courant… ». Tels sont les dernières paroles échangées avec Patrice devant un café au refuge Wallon. J’apprendrai, plus tard, qu’il est arrivé à Gavarnie le soir même…effectivement, il avait besoin de laisser ses jambes s’exprimer librement !

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