Dimanche 18 juin
Hendaye-Col de Lizarrieta
 

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Nous sommes 4 au départ: Martine et Serge, fidèles de toutes les sorties pyrénéennes, Alain, internaute qui s'est joint à nous par l'intermédiaire du forum des MUL(Marche Ultra Légère) et votre serviteur, Lionel, amoureux depuis 30 ans des Pyrénées.
Michel, l'époux de Martine, Jean-Louis, le frère de Serge et Claudine nous accompagnent un bout de chemin ce dimanche 18 juin. Nous faisons les adieux au col d'Ibardin.

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Mes 3 compagnons

C'est parti pour de vrai!
Les sacs ont pris place en douceur sur les épaules de leurs respectifs propriétaires...malgré mes fréquentes visites sur le site des MUL, le mien pèse tout de même 15 Kg...mais j'ai fait des progrès!
Il fait beau et chaud. Nous "merdoyons" après le col d'Ibardin: Véron (que nous appellerons familièrement Georges), dans son topo, fait allusion à une "construction récente"...nous n'avons pas su lire le Véron dans le texte et nous nous sommes emmêlés pinceaux...pas bien méchant, nous retrouvons notre itinéraire par des chemins détournés...c'est l'apprentissage de la HRP! Nous contournons la Rhune sans y monter (on connaît!). Nous avalons des km de pistes...Accueil frisquet à l'hôtel du col de Luziniaga où nous sommes amenés à "chiper" de l'eau au tuyau qui sert à arroser les plantes et, sans doute à laver les 4x4!...Nous décidons de poursuivre jusqu'au col de Lizarrieta où nous planterons les tentes. Ici, par contre, un charmant monsieur se décarcasse pour nous procurer de l'eau, la propriétaire de la venta ne concédant qu'à vendre de l'eau minérale à des tarifs prohibitifs! repas de fête pour notre 1er bivouac sans produits frais: la venta n'a ni légumes ni fruits!
En contrebas, l'abreuvoir des animaux est une magnifique salle de bains!

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La brume du soir envahit l'espace. Nous gagnons les tentes, sauf Alain qui n'en a pas et qui s'est bricolé une protection pour son duvet composée de 2 couvertures de survie assemblées par des oeillets: que croyez-vous qu'il advint? Au matin notre Alain était tout trempé de la condensation générée par les couvertures de survie! Pas au point la technique d'inspiration MUL...

Lundi 19 juin
Lizarrieta-Elizondo

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Sac...

Nous sommes dans la brume! Le Pays-Basque tient ses promesses! Petit déjeuner et direction Elizondo par le GR 11. Encore des pistes, interminables...Ayant moins marché qu'hier, j'ai pourtant trouvé le temps plus long. La chaleur de l'après-midi a remplacé la brume du matin et une halte réparatrice s'impose à une fontaine où coule une eau fraîche.

Nous arrivons à Elizondo vers 16h sous la pluie qui commence à tomber. Le bivouac sera pour un autre jour, un charmant petit hôtel et sa non moins charmante hôtesse nous tendent les bras…
Repas du soir au resto du coin où, toutes télés allumées, les Espagnols du cru, consternés, suivent le match de foot Espagne/Tunisie alors que la Tunisie mène 1 à 0…nous nous éclipsons à la mi-temps, les réactions des supporters de foot étant imprévisibles !

Mardi 20 juin
Elizondo-Cold'Hauzay

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Cabane de chasseurs

…et il pleut toujours au moment du départ ! Serge a chaussé des chaussures neuves qu’il a achetées hier soir (les autres ont rendu l’âme…ça commence bien !). Espérons que ses pieds s’y feront sans trop de bobo ! Alain, chaussé de ses « runner » dans lesquels ses pieds font « flic-floc » sous la pluie, continue dans les mêmes conditions…nous lui avons pourtant suggéré de faire comme Serge.
8h. Il pleut encore lorsque nous prenons la direction des Aldudes. La pluie cesse remplacée par le brouillard…Ce n’est qu’au col d’Argibel que le ciel se déchire et nous basculons en France en découvrant une vallée magnifique au fond de laquelle se niche le village des Aldudes. La descente se fait dans la bonne humeur retrouvée et il nous tarde d'atteindre l’épicerie pour ravitailler. Celle-ci n’ouvre qu’à 15h…en attendant nous nous installons sur la place, au soleil, et nous adonnons à de menues occupations notamment aux soins des pieds qui commencent à souffrir (ampoules !).
Provisions faites, nous prenons le chemin qui nous mènera au col d’Hauzay. Nous marchons d’un bon pas sous le soleil. La brume reviendra au moment d’installer le bivouac. Repas vite avalé dans la brume humide et dodo !

Mercredi 21 juin
Col d'Hauzay-Pont de Chubigna

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Vers le col d'Hauzay

Lever dans la brume pour ne pas faillir à la tradition ! Nous y aurons droit jusqu’au col de Roncevaux : visibilité limitée à 20m. En montant au col Lepoeder la brume laisse place à un beau soleil qui découvre le paysage alentours sous une mer de nuages. Le Pays Basque reprend des couleurs. Nous suivons une portion du Chemin de Saint Jacques et croisons de nombreux pèlerins (c’est beau la foi !). Nous abandonnons cet itinéraire pour nous rendre au col d’Arnostéguy d’où nous devinons le pic d’Ory que nous gravirons dans deux jours. Comme il semble encore bien loin !

Un de nos principaux soucis est la recherche de l’eau. A un point indiqué par Véron, pas d’eau…la source a été captée pour un réservoir…pas de robinet pour les randonneurs de passage ! Heureusement, Serge nous dégotte, au fond d’un trou, un robinet au bout d’un tuyau. Il fallait le trouver ! les poches à eau et les gourdes remplies, nous atteignons sans problème le col d’Orgambidé. L’abri de chasseurs indiqué sur la carte ne nous inspire pas et nous préférons continuer vers le col d’Errozaté. Nous planterons les tentes avant le pont de Chubigna, au bord d’un torrent-salle de bains.

Jeudi 22 juin
Pont de Chubigna-Col d'Errozaté-Chalets d'Iraty

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Séchage sur le chemin de St Jacques !

Au matin : brume ! Etonnant non ? Nous partons à 7h dans la purée de poix vers le pont de Chubigna et le col d’Errozaté. La montée est raide et la vue bouchée…une bonne heure après nous arrivons au col sans que les conditions météo aient changé. Georges préconise, dans ces conditions, de joindre les chalets d’Iraty (col de Bagargui) par la route : petite route pastorale à descendre à l’Est…pourquoi Alain s’entête-t-il à vouloir aller plein Sud ? Je refais le point avec Martine ; il est évident qu’il faut descendre à l’Est. La brume épaisse nous sépare d’Alain et de Serge qui l’a suivi. Nos appels sont étouffés et nous les attendons près de la borne frontière. Du temps perdu pour une étape qui s’annonce longue et pas marrante. Pour couronner le tout nous commettons une seconde erreur en descendant plein Sud à la BF 224 au lieu d’aller plein Nord ! Rien que ça ! Demi tour ! Ça m’apprendra à sortir systématiquement la boussole aux endroits délicats.

Martine a mal aux genoux. Elle s’en plaignait déjà la veille et ça n’a pas l’air de s’arranger. J’arrête une voiture et le berger qui la conduit veut bien l’amener jusqu’à la D 301 où elle nous attendra. Nous l’y retrouvons adossée contre le mur d’une bergerie. Une trouée dans la brume et nous en profitons pour casser la croûte. Le GR 10 nous attend pour poursuivre jusqu’au complexe d’Iraty (Iraty-Cize) mais nous choisissons de continuer par la route. Le GR 10 est plus long et la brume nous empêche de contempler quoi que ce soit. Comme ce matin, j’arrête une voiture qui emmène Martine jusqu’à Iraty Cize, au départ du GR 10 pour les chalets d’Iraty. Elle nous y attend, perdue dans le brouillard. Alors que nous nous apprêtons à emprunter le GR 10 pour gagner les chalets, j’arrête à nouveau une voiture pour Martine. Deux messieurs occupent le véhicule, une petite berline. Non seulement ils acceptent de la prendre mais ils nous embarquent tous ! Nous sommes 4 et tous, avec les sacs, prenons place à l’arrière du véhicule…

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Réconfort

Arrivés aux chalets, une seule place est disponible. Nous la laissons à Alain afin qu’il prenne soin de ses pieds dont les peaux blanches causées par l’humidité partent en lambeaux. Quant aux 4 Gersois, après avoir pris de quoi nous restaurer conséquemment ce soir, direction le camping. Martine et Serge m’ont informé de leur intention d’arrêter leur périple ici même. Martine téléphone à Michel afin qu’il vienne les récupérer demain…Elle a toujours mal aux genoux et serge a des problèmes aux pieds. Nous plantons les tentes dans la brume et Serge nous allume un feu autour duquel nous partageons le dernier repas en commun. Demain, rendez-vous est pris avec Alain pour l’étape suivante qui passe par le pic d’Ory si la météo nous est favorable…

La suite...