15 avril 2008
2 - Chalets d'Iraty - Refuge d'Arlet
Vendredi 23 juin
Chalets d'Iraty-Belagua
6h. Le brouillard de la veille a complètement disparu. Bien que l’observation du ciel soit limitée de l’endroit où je suis, je devine une journée lumineuse. Je plie la tente et prépare mon sac tandis que mes compagnons restent allongés dans leur duvet…je leur ai promis de les réveiller avant de partir. Ce ne sera pas nécessaire car j’entends du bruit derrière moi. Je tourne la tête et…une apparition ! Pas la Vierge mais presque ! Michel est là ! Michel est déjà là pour récupérer sa Martine et Serge ! Il est parti à 2h du matin…Ah ! Il voulait se la récupérer vite fait sa Ninou ! Martine et Serge émergent à leur tour. Toutes affaires pliées nous gagnons le col de Baguargui où m’attend Alain. L’Orhy apparaît dans toute sa splendeur dans le soleil levant. J’irai donc à la Pierre St Martin sans eux…nous faisons les adieux et, tandis que la voiture prend la direction de la vallée, Alain et moi empruntons le chemin qui serpente entre les chalets avec l’Orhy en point de mire.
Belle approche, surtout dans ces conditions météo superbes. La crête de Millagaté offre un panorama de toute beauté et le Zaspigagn annonce les premières difficultés. Montée tranquille pour moi, promenade de santé pour Alain ! La vue, au sommet, permet d’appréhender la différence entre l’Ouest et l’Est de la chaîne : les sommets de la haute montagne apparaissent côté du Levant.
Descente facile au Port de Larrau. Alain, chaussures explosées,
arrête une voiture qui le descendra quelque part en bas s’acheter des
pompes un peu plus adaptées ! Rendez-vous est pris au refuge de la PSM.
Je poursuis ma progression vers l’Est après un rapide casse-croûte. Il
fallait une journée comme celle-ci pour parcourir les crêtes qui
m’emmènent vers l’abri d’Ardané. Je n’ai pas compté les abris de
chasseurs qui jalonnent les crêtes depuis notre départ d’Hendaye mais,
c’est clair, les palombes ont du souci à se faire ! Je me rends compte
que je n’en ai pris aucun en photo ! Quand l’inconscient s’en mêle !
Orage à Belagua
Arrivé à l’embranchement pour descendre à l’abri d’Ardané, je décide de poursuivre jusqu’à Belagua : autant profiter du beau temps, je ne sais pas de quoi demain sera fait…Au col d’Hutu j’embrasse d’un seul coup d’œil ce qui m’attend pour joindre Belagua…je ne suis pas encore arrivé ! Après la BF 250 ça se complique un peu. Les contournements par le Nord de la crête frontière ne sont pas évidents, surtout pour revenir sur la crête mais la bonne visibilité permet de se retrouver sans problème. Du port d’Ourdayté j’aperçois la route nationale qui monte de l’Espagne vers la PSM et des corps de bâtiment que je suppose être l’ancien refuge de Belagua. L’orage qui menace m’incite à descendre rapidos tout droit dans un vallon herbeux, long mais facile.
J’arrive en fait à un casernement militaire au bord de la RN. Le
refuge est 1 Km au-dessus. La dépression orageuse qui monte du fond de
la vallée à la vitesse « grand V » ne me laisse pas le temps d’y
accéder. Au premier « plat » au bord de la route je plante la tente du
mieux que je peux sous le vent qui annonce la suite…boum boum badaboum,
c’est parti ! Après l’orage, les cloches des vaches et des chevaux ne
m’aideront pas à trouver le sommeil !
Samedi 24 juin
Belagua-La Pierre St Martin (PSM)
D’ailleurs le concert à 6 h du matin annonce une concentration de
vaches qui viennent voir si le sel a bien été déposé sur les rochers
alentours. Il est temps de reprendre la route !
Petit détour par l’ancien refuge complètement
laissé à l’abandon…même pas un robinet d’eau potable à l’attention des
randonneurs !
La route s’annonce interminable jusqu’à la PSM…à la BF 256 un papy
espagnol m’embarque dans sa Kangoo et me dépose pratiquement à l’entrée
de la PSM. En voyant défiler la route je ne cesse de ma répéter que ce
papy m’enlève une belle épine du pied : si le paysage karstique est
magnifique, le trajet à pied, par la route, doit être long et
fastidieux…
Du coup je me retrouve au refuge Jeandel de la PSM dans la matinée
et j’y retrouve mon camarade Alain et ses pompes toutes neuves !
La saint Jean à la PSM
C’est le jour de la Saint Jean et chaque année, le gardien du
refuge, Jean Hourticq, organise une petite fête. Le soir même
nous nous retrouvons, invités et randonneurs, attablés face à une
chanteuse et un guitariste venus célébrer le saint homme…attablés mais
ne partageant pas le même menu…faut pas exagérer ! Quant aux
randonneurs désirant s’endormir tôt pour partir de bonne heure, ils
subiront les vocalises des divers convives poussant leur chansonnette.
Ainsi, après que des Anglais de passage eurent massacré « Hey Jude »,
le Lorrain d’origine que je suis entonne (en Béarnais SVP !) le premier
couplet de « l’immortella », une incontournable chanson de Nadau…succès
garanti !
Dimanche 25 juin
PSM-Lescun
Lescun
Matinée maussade : brume, pluie…nous préférons joindre Lescun par le GR 10 plutôt que de nous aventurer sur les lapiaz d’Anie. C’est sur cette étape que nous rencontrons nos premiers isards. Nous marchons dans la brume qui se déchire par intermittence. Ainsi nous pouvons admirer les Orgues de Camplong mais ne voyons rien du cirque et des aiguilles d’Ansabère, un des sites les plus beaux de la traversée…
Arrivée à Lescun en passant par l’ancien refuge
de Labérouat où, là, un panneau indique clairement un point d’eau. Nous
descendons au gîte d’étape de l’hôtel du Pic d’Anie où une charmante
vieille dame nous accueille fort agréablement. Nous mangeons, le soir,
au restaurant du Pic d’Anie et je recommande vivement aux randonneurs
passant par Lescun d’aller « humer » l’atmosphère de cette maison
ancienne qui sent bon « l’ancien temps », propre et de bon goût.
Ajoutez-y le sourire de l’hôtesse et voilà une excellente soirée qui
fait oublier les intempéries du dehors…
Lundi 26 juin
Lescun-Refuge d'Arlet
La porte du col de Pao
Départ à 7h 30 pour le col de Pao en compagnie de randonneurs rencontrés à la PSM…dans le brouillard, on ne change pas les bonnes habitudes ! Nous rencontrons nos premières marmottes juste avant le col. Au col, nous sommes au-dessus des nuages et retrouvons enfin la lumière du soleil. Alain, des fourmis dans les jambes, est parti seul devant vers le refuge d’Arlet. La progression est tranquille et la visibilité permet de voir du Pic d’Anie à l’Ouest jusqu’à l’Ossau à l’Est. Au col de la Cuarde le Castillo de Acher me présente sa face Nord. J’y étais allé en mai 2005 avec mon copain Christian qui doit me rejoindre à Cauteret. La vallée du rio Aragon se déroule à ses pieds, majestueuse, toute verte d’une herbe toute neuve !
Le Castillo de Acher
Lorsque j’arrive au refuge d’Arlet, Alain est déjà arrivé depuis 1h !
Nous convenons, le soir même, de nous séparer le lendemain en
allant vers le Somport : son allure lui permet de doubler les étapes.
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