Vendredi 30 juin

Haute_Route_Pyr_n_enne__136_

La vallée du Marcadau

Après avoir quitté Patrice, je prends mon temps pour descendre jusqu’au chalet-refuge où je bivouaquerai le soir même. Elle est belle cette vallée et c’est un plaisir d’y flâner, de m’y arrêter au bord de l’eau et même d’y faire une petite sieste !
Il me faut attendre jusqu’au lendemain midi, heure à laquelle Christian devrait me rejoindre, accompagné par ma Douce et mon petit Émilien.

Samedi 1er juillet
Refuge du Marcadau-Refuge des Oulettes de Gaube

Haute_Route_Pyr_n_enne__144_

Aire de bivouac aux Oulettes de Gaube

Après le petit déjeuner, deux charmantes personnes se proposent de me descendre à Cauterets. Ma foi, la matinée risque d’être longue et j’en profiterai pour « tirer des sous » et faire un peu de ravitaillement.

Cauterets est une assez jolie petite ville. Nous y passons régulièrement une semaine en gîte et en famille. D’ailleurs Claudine va y passer quelques jours avec Émilien et son copain Sylvain. Je les retrouve tous vers midi comme prévu. Nous avons beaucoup à parler ! Eux de la fête du 14 juillet à Castelnau, moi de ces 15 premiers jours de traversée. Nous avons tout loisir d’échanger avant de prendre la direction du télésiège du Marcadau qui nous emmène au lac de Gaube.

Christian entame sa première journée sur les chapeaux de roue ! L’orage qui menace nous amène à accélérer la cadence afin d’arriver au refuge des Oulettes avant qu’il n’éclate. Bien vu ! A peine franchi le seuil du refuge, boum boum badaboum et le déluge s’abat au pied du Vignemale ! Il est 16h. Nous attendrons 18h pour aller planter la tente sur l’aire de bivouac.

Dimanche 2 juillet
Refuge des Oulettes-Lac d’Ossoue

Haute_Route_Pyr_n_enne__150_

Le Vignemale

Petit déjeuner au refuge des Oulettes. Objectif de la journée : la cabane du barrage d’Ossoue par Baysselance et le Petit Vignemale. Nous sommes attendus le surlendemain à Gavarnie. Autrement dit, ces deux journées qui viennent s’annoncent cool…

La montée vers la hourquette d’Ossoue…monte ! environ 600m depuis le refuge. Nous avons tout le temps, la journée s’annonce agréable même si quelques petits cumulus viennent nous narguer de bonne heure. Nous laissons les sacs à la hourquette pour gravir le Petit Vignemale façon archi-MUL ! La vue sur le glacier d’Ossoue est fantastique. C’est dimanche et nous distingons plusieurs cordées à l’assaut du Vignemale. La descente vers le lac d’Ossoue via le refuge de Baysselance est tranquille. Nous prenons notre temps et arrivons en début d’après midi à la cabane. Nous hésitons…Gavarnie ? Demain. Pour l’heure nous « farnientons autour du lac. Nous partagerons la cabane avec 4 randonneurs bien décidés à « faire » le Vignmale le lendemain.

Haute_Route_Pyr_n_enne__169_

Je n’ai pas entendu nos amis « Vignemalistes » partir à la frontale. Le temps est clair mais du GR 10 que nous empruntons jusqu’à Gavarnie la mer de nuages laisse à penser, qu’en bas, ça doit pas être bien terrible…nous arrivons à Gavarnie pour midi et descendons au « Gypaète », un gite au village tenu par un aubergiste fort sympathique. Nous jouons les touristes à Gavarnie !...Petit resto, rosé bien frais…une certaine idée du bonheur vu les conditions ! Le refuge abrite des compagnons riches en expérience de la rando. Les discussions vont bon train avec un groupe de montagnards venus de Biarritz et une famille fraîchement débarquée du Canada qui s’apprête à rejoindre Barcelone à pied. Repas copieux et délicieux. Un endroit que je vous recommande…

Haute_Route_Pyr_n_enne__175_1

Mardi 4 juillet
Gavarnie-Cabane d’Aguila

Haute_Route_Pyr_n_enne__179_3

Les granges de Coumély

Haute_Route_Pyr_n_enne__193_

Cabane d'Aguila

Après le petit déjeuner, Christian accompagne un moment le groupe de Biarrots tandis que j’attends nos visiteurs en écrivant cartes postales et en complétant le ravitaillement pour les jours suivants. Nous quittons Gavarnie à 13h 30 après avoir partagé le pique-nique avec Claudine et les enfants. Vu l’heure, nous rejoignons Héas en contournant le Piménée par le plateau de Coumély. Un cadavre de vache trempe dans le lac des gloriettes…à ce propos, au cours de ma traversée, j’ai découvert à 4 reprises des carcasses d’animaux dans des torrents…rappelons que la consommation d’eau à même le torrent ne peut se faire qu’à une altitude où les troupeaux n’ont pas accès…et encore, nous avons vu un cadavre d’Isard dans la rocaille à 2700m ! Prudence et pastilles…

Du lac des Gloriettes nous apercevons la brèche de Tuquerrouye encombrée d’un névé imposant et, en arrière plan, le monte Perdido. Nous prenons la direction de l’auberge du Maillet pour éviter de descendre par la route et arrivons à la chapelle d’Héas en frôlant le cirque de Troumouse. Nous irons passer la nuit à la cabane d’Aguila, au-dessus d’Héas, sur le chemin de la hourquette du même nom. La cabane est propre et les vaches sympathiques ! Une source et un torrent / salle de bain donnent un petit air paradisiaque à l’endroit !

Mercredi 5 juillet
Cabane d’Aguila-Parzan

La brume enveloppe la cabane d’Aguila. La grimpette vers la hourquette d’Héas est rude. C’est marrant, toutes les grimpettes sont « rudes » ! Heureusement, nous sortons de la brume rapidement et pouvons jouir de paysages splendides. C’est marrant, les paysages sont très souvent « splendides » !

Copie_de_pep

Pep, Émilien et Lionel à la hourquette de Chermentas en 2001 

De la hourquette d’Héas nous virons vers la hourquette de Chermentas avec une pensée pour mon ami Pep qui, à force de volonté, est arrivé jusqu’ici en partant de Piau-Engaly un certain jour de l’été 2001.

pep_2 

Haute_Route_Pyr_n_enne__203_

Les murailles de Barroude

Nous longeons les murailles de Barroude sous un beau soleil en compagnie d’isards plus préoccupés par leur pitance que par le passage de randonneurs HRPistes !. A l’approche du refuge, le vent est plus fort et il fait plus froid. De gros nuages noirs accrochent le pic de troumouse. Il est midi. Nous pique-niquons à l’intérieur du refuge avec un bol de café au lait brûlant !

Passé le col de Barroude, nous dévalons le cirque de Barrosa et pénétrons en terre espagnole. Isards et marmottes nous accompagnent…le sentier aboutit sur la route nationale qui relie la France à l’Espagne par le tunnel de Bielsa. A peine arrivés à la dite route, boum boum badaboum, l’orage nous surprend, accompagnés de trombes d’eau…

Haute_Route_Pyr_n_enne__208_

Boum...badaboum !

Nous sommes trempés jusqu’aux os en un instant : nul abri et la violence de l’orage ne nous laisse aucune chance pour planter la tente. Nous marchons sur la route sous la flotte ! au bout de cinq minutes nous sommes en vue d’un abri sommaire (il est bien temps !) sous lequel se protègent déjà quelques personnes. Nous les rejoignons. Parmi elles, 2 dames et un monsieur belges d’un âge, disons, qui inspire la sagesse…dialogue :

Le monsieur : « mais vous n’allez pas rester comme ça ! on rentre en France, on vous emmène ! »
Nous : « c’est gentil mais nous n’allons pas en France, nous descendons au village de Parzan, 2 ou 3 Km plus au sud »
- « ça fait rien, on vous emmène au village quand même ! »
- « mais monsieur, vous voyez bien dans quel état on est, on dégouline de partout ! » (il faut dire qu’il a une limousine nickel-chrome !)
- « c’est pas grave, c’est que de l’eau »

Et voilà comment des papi/mamies belges nous ont embarqués sans qu’on leur demande quoi que ce soit ! Ne dites plus du mal des Belges !

A Parzan la pluie tombe de plus belle. J’ai repéré sur le topo de Georges l’existence de « casa del turismo rural » ce qui doit correspondre à nos « chambres d’hôte ». je sonne à une porte et une charmante jeune fille me fait rentrer, toujours dégoulinant, dans une maison aussi nickel-chrome que la limousine de nos amis Belges…Pas de souci, nous passerons la nuit ici, dans de vrais lits, pour la modique somme de 25 € ! En prime, le maître des lieux nous installe la TV pour que nous puissions regarder je ne sais plus trop quelle demi-finale dans laquelle les Bleus sont impliqués ! Comme quoi une galère trouve un final des plus sympathique ! (ça se vérifiera à d’autres occasions).

La suite...