15 avril 2008
1 - Hendaye - chalets d'Iraty
Dimanche 18 juin
Hendaye-Col de Lizarrieta
Nous
sommes 4 au départ: Martine et Serge, fidèles de toutes les sorties
pyrénéennes, Alain, internaute qui s'est joint à nous par
l'intermédiaire du forum des MUL(Marche Ultra Légère) et votre
serviteur, Lionel, amoureux depuis 30 ans des Pyrénées.
Michel, l'époux de Martine, Jean-Louis, le frère de Serge et Claudine nous accompagnent un bout de chemin ce dimanche 18 juin. Nous faisons les adieux au col d'Ibardin.
Mes 3 compagnons
C'est parti pour de vrai!
Les sacs ont pris place en douceur sur les épaules de leurs respectifs
propriétaires...malgré mes fréquentes visites sur le site des MUL, le
mien pèse tout de même 15 Kg...mais j'ai fait des progrès!
Il fait
beau et chaud. Nous "merdoyons" après le col d'Ibardin: Véron (que nous
appellerons familièrement Georges), dans son topo, fait allusion à une
"construction récente"...nous n'avons pas su lire le Véron dans le
texte et nous nous sommes emmêlés pinceaux...pas bien méchant, nous
retrouvons notre itinéraire par des chemins détournés...c'est
l'apprentissage de la HRP! Nous contournons la Rhune sans y monter (on
connaît!). Nous avalons des km de pistes...Accueil frisquet à l'hôtel
du col de Luziniaga où nous sommes amenés à "chiper" de l'eau au tuyau
qui sert à arroser les plantes et, sans doute à laver les 4x4!...Nous
décidons de poursuivre jusqu'au col de Lizarrieta où nous planterons
les tentes. Ici, par contre, un charmant monsieur se décarcasse pour
nous procurer de l'eau, la propriétaire de la venta ne concédant qu'à
vendre de l'eau minérale à des tarifs prohibitifs! repas de fête pour
notre 1er bivouac sans produits frais: la venta n'a ni légumes ni
fruits!
En contrebas, l'abreuvoir des animaux est une magnifique salle de bains!
La brume du soir envahit l'espace. Nous gagnons les tentes, sauf Alain
qui n'en a pas et qui s'est bricolé une protection pour son duvet
composée de 2 couvertures de survie assemblées par des oeillets: que
croyez-vous qu'il advint? Au matin notre Alain était tout trempé de la
condensation générée par les couvertures de survie! Pas au point la
technique d'inspiration MUL...
Lundi 19 juin
Lizarrieta-Elizondo
Sac...
Nous sommes dans la brume! Le Pays-Basque tient ses promesses! Petit déjeuner et direction Elizondo par le GR 11. Encore des pistes, interminables...Ayant moins marché qu'hier, j'ai pourtant trouvé le temps plus long. La chaleur de l'après-midi a remplacé la brume du matin et une halte réparatrice s'impose à une fontaine où coule une eau fraîche.
Nous arrivons à Elizondo vers 16h sous la pluie qui
commence à tomber. Le bivouac sera pour un autre jour, un charmant
petit hôtel et sa non moins charmante hôtesse nous tendent les bras…
Repas du soir au resto du coin où, toutes télés allumées, les Espagnols
du cru, consternés, suivent le match de foot Espagne/Tunisie alors que
la Tunisie mène 1 à 0…nous nous éclipsons à la mi-temps, les réactions
des supporters de foot étant imprévisibles !
Mardi 20 juin
Elizondo-Cold'Hauzay
Cabane de chasseurs
…et
il pleut toujours au moment du départ ! Serge a chaussé des chaussures
neuves qu’il a achetées hier soir (les autres ont rendu l’âme…ça commence
bien !). Espérons que ses pieds s’y feront sans trop de bobo ! Alain,
chaussé de ses « runner » dans lesquels ses pieds font « flic-floc »
sous la pluie, continue dans les mêmes conditions…nous lui avons
pourtant suggéré de faire comme Serge.
8h. Il pleut encore lorsque
nous prenons la direction des Aldudes. La pluie cesse remplacée par le
brouillard…Ce n’est qu’au col d’Argibel que le ciel se déchire et nous
basculons en France en découvrant une vallée magnifique au fond de
laquelle se niche le village des Aldudes. La descente se fait dans la
bonne humeur retrouvée et il nous tarde d'atteindre l’épicerie pour
ravitailler. Celle-ci n’ouvre qu’à 15h…en attendant nous nous
installons sur la place, au soleil, et nous adonnons à de menues
occupations notamment aux soins des pieds qui commencent à souffrir
(ampoules !).
Provisions faites, nous prenons le chemin qui nous
mènera au col d’Hauzay. Nous marchons d’un bon pas sous le soleil. La
brume reviendra au moment d’installer le bivouac. Repas vite avalé dans
la brume humide et dodo !
Mercredi 21 juin
Col d'Hauzay-Pont de Chubigna
Vers le col d'Hauzay
Lever dans la brume pour ne pas faillir à la tradition ! Nous y aurons droit jusqu’au col de Roncevaux : visibilité limitée à 20m. En montant au col Lepoeder la brume laisse place à un beau soleil qui découvre le paysage alentours sous une mer de nuages. Le Pays Basque reprend des couleurs. Nous suivons une portion du Chemin de Saint Jacques et croisons de nombreux pèlerins (c’est beau la foi !). Nous abandonnons cet itinéraire pour nous rendre au col d’Arnostéguy d’où nous devinons le pic d’Ory que nous gravirons dans deux jours. Comme il semble encore bien loin !
Un de nos principaux soucis est la recherche de l’eau.
A un point indiqué par Véron, pas d’eau…la source a été captée pour un
réservoir…pas de robinet pour les randonneurs de passage !
Heureusement, Serge nous dégotte, au fond d’un trou, un robinet au bout
d’un tuyau. Il fallait le trouver ! les poches à eau et les gourdes
remplies, nous atteignons sans problème le col d’Orgambidé. L’abri de
chasseurs indiqué sur la carte ne nous inspire pas et nous préférons
continuer vers le col d’Errozaté. Nous planterons les tentes avant le
pont de Chubigna, au bord d’un torrent-salle de bains.
Jeudi 22 juin
Pont de Chubigna-Col d'Errozaté-Chalets d'Iraty
Séchage sur le chemin de St Jacques !
Au matin : brume ! Etonnant non ? Nous partons à 7h dans la purée de poix vers le pont de Chubigna et le col d’Errozaté. La montée est raide et la vue bouchée…une bonne heure après nous arrivons au col sans que les conditions météo aient changé. Georges préconise, dans ces conditions, de joindre les chalets d’Iraty (col de Bagargui) par la route : petite route pastorale à descendre à l’Est…pourquoi Alain s’entête-t-il à vouloir aller plein Sud ? Je refais le point avec Martine ; il est évident qu’il faut descendre à l’Est. La brume épaisse nous sépare d’Alain et de Serge qui l’a suivi. Nos appels sont étouffés et nous les attendons près de la borne frontière. Du temps perdu pour une étape qui s’annonce longue et pas marrante. Pour couronner le tout nous commettons une seconde erreur en descendant plein Sud à la BF 224 au lieu d’aller plein Nord ! Rien que ça ! Demi tour ! Ça m’apprendra à sortir systématiquement la boussole aux endroits délicats.
Martine a mal aux genoux. Elle s’en plaignait déjà la veille et ça n’a pas l’air de s’arranger. J’arrête une voiture et le berger qui la conduit veut bien l’amener jusqu’à la D 301 où elle nous attendra. Nous l’y retrouvons adossée contre le mur d’une bergerie. Une trouée dans la brume et nous en profitons pour casser la croûte. Le GR 10 nous attend pour poursuivre jusqu’au complexe d’Iraty (Iraty-Cize) mais nous choisissons de continuer par la route. Le GR 10 est plus long et la brume nous empêche de contempler quoi que ce soit. Comme ce matin, j’arrête une voiture qui emmène Martine jusqu’à Iraty Cize, au départ du GR 10 pour les chalets d’Iraty. Elle nous y attend, perdue dans le brouillard. Alors que nous nous apprêtons à emprunter le GR 10 pour gagner les chalets, j’arrête à nouveau une voiture pour Martine. Deux messieurs occupent le véhicule, une petite berline. Non seulement ils acceptent de la prendre mais ils nous embarquent tous ! Nous sommes 4 et tous, avec les sacs, prenons place à l’arrière du véhicule…
Réconfort
Arrivés aux chalets, une seule place est disponible. Nous la laissons à Alain afin qu’il prenne soin de ses pieds dont les peaux blanches causées par l’humidité partent en lambeaux. Quant aux 4 Gersois, après avoir pris de quoi nous restaurer conséquemment ce soir, direction le camping. Martine et Serge m’ont informé de leur intention d’arrêter leur périple ici même. Martine téléphone à Michel afin qu’il vienne les récupérer demain…Elle a toujours mal aux genoux et serge a des problèmes aux pieds. Nous plantons les tentes dans la brume et Serge nous allume un feu autour duquel nous partageons le dernier repas en commun. Demain, rendez-vous est pris avec Alain pour l’étape suivante qui passe par le pic d’Ory si la météo nous est favorable…
2 - Chalets d'Iraty - Refuge d'Arlet
Vendredi 23 juin
Chalets d'Iraty-Belagua
6h. Le brouillard de la veille a complètement disparu. Bien que l’observation du ciel soit limitée de l’endroit où je suis, je devine une journée lumineuse. Je plie la tente et prépare mon sac tandis que mes compagnons restent allongés dans leur duvet…je leur ai promis de les réveiller avant de partir. Ce ne sera pas nécessaire car j’entends du bruit derrière moi. Je tourne la tête et…une apparition ! Pas la Vierge mais presque ! Michel est là ! Michel est déjà là pour récupérer sa Martine et Serge ! Il est parti à 2h du matin…Ah ! Il voulait se la récupérer vite fait sa Ninou ! Martine et Serge émergent à leur tour. Toutes affaires pliées nous gagnons le col de Baguargui où m’attend Alain. L’Orhy apparaît dans toute sa splendeur dans le soleil levant. J’irai donc à la Pierre St Martin sans eux…nous faisons les adieux et, tandis que la voiture prend la direction de la vallée, Alain et moi empruntons le chemin qui serpente entre les chalets avec l’Orhy en point de mire.
Belle approche, surtout dans ces conditions météo superbes. La crête de Millagaté offre un panorama de toute beauté et le Zaspigagn annonce les premières difficultés. Montée tranquille pour moi, promenade de santé pour Alain ! La vue, au sommet, permet d’appréhender la différence entre l’Ouest et l’Est de la chaîne : les sommets de la haute montagne apparaissent côté du Levant.
Descente facile au Port de Larrau. Alain, chaussures explosées,
arrête une voiture qui le descendra quelque part en bas s’acheter des
pompes un peu plus adaptées ! Rendez-vous est pris au refuge de la PSM.
Je poursuis ma progression vers l’Est après un rapide casse-croûte. Il
fallait une journée comme celle-ci pour parcourir les crêtes qui
m’emmènent vers l’abri d’Ardané. Je n’ai pas compté les abris de
chasseurs qui jalonnent les crêtes depuis notre départ d’Hendaye mais,
c’est clair, les palombes ont du souci à se faire ! Je me rends compte
que je n’en ai pris aucun en photo ! Quand l’inconscient s’en mêle !
Orage à Belagua
Arrivé à l’embranchement pour descendre à l’abri d’Ardané, je décide de poursuivre jusqu’à Belagua : autant profiter du beau temps, je ne sais pas de quoi demain sera fait…Au col d’Hutu j’embrasse d’un seul coup d’œil ce qui m’attend pour joindre Belagua…je ne suis pas encore arrivé ! Après la BF 250 ça se complique un peu. Les contournements par le Nord de la crête frontière ne sont pas évidents, surtout pour revenir sur la crête mais la bonne visibilité permet de se retrouver sans problème. Du port d’Ourdayté j’aperçois la route nationale qui monte de l’Espagne vers la PSM et des corps de bâtiment que je suppose être l’ancien refuge de Belagua. L’orage qui menace m’incite à descendre rapidos tout droit dans un vallon herbeux, long mais facile.
J’arrive en fait à un casernement militaire au bord de la RN. Le
refuge est 1 Km au-dessus. La dépression orageuse qui monte du fond de
la vallée à la vitesse « grand V » ne me laisse pas le temps d’y
accéder. Au premier « plat » au bord de la route je plante la tente du
mieux que je peux sous le vent qui annonce la suite…boum boum badaboum,
c’est parti ! Après l’orage, les cloches des vaches et des chevaux ne
m’aideront pas à trouver le sommeil !
Samedi 24 juin
Belagua-La Pierre St Martin (PSM)
D’ailleurs le concert à 6 h du matin annonce une concentration de
vaches qui viennent voir si le sel a bien été déposé sur les rochers
alentours. Il est temps de reprendre la route !
Petit détour par l’ancien refuge complètement
laissé à l’abandon…même pas un robinet d’eau potable à l’attention des
randonneurs !
La route s’annonce interminable jusqu’à la PSM…à la BF 256 un papy
espagnol m’embarque dans sa Kangoo et me dépose pratiquement à l’entrée
de la PSM. En voyant défiler la route je ne cesse de ma répéter que ce
papy m’enlève une belle épine du pied : si le paysage karstique est
magnifique, le trajet à pied, par la route, doit être long et
fastidieux…
Du coup je me retrouve au refuge Jeandel de la PSM dans la matinée
et j’y retrouve mon camarade Alain et ses pompes toutes neuves !
La saint Jean à la PSM
C’est le jour de la Saint Jean et chaque année, le gardien du
refuge, Jean Hourticq, organise une petite fête. Le soir même
nous nous retrouvons, invités et randonneurs, attablés face à une
chanteuse et un guitariste venus célébrer le saint homme…attablés mais
ne partageant pas le même menu…faut pas exagérer ! Quant aux
randonneurs désirant s’endormir tôt pour partir de bonne heure, ils
subiront les vocalises des divers convives poussant leur chansonnette.
Ainsi, après que des Anglais de passage eurent massacré « Hey Jude »,
le Lorrain d’origine que je suis entonne (en Béarnais SVP !) le premier
couplet de « l’immortella », une incontournable chanson de Nadau…succès
garanti !
Dimanche 25 juin
PSM-Lescun
Lescun
Matinée maussade : brume, pluie…nous préférons joindre Lescun par le GR 10 plutôt que de nous aventurer sur les lapiaz d’Anie. C’est sur cette étape que nous rencontrons nos premiers isards. Nous marchons dans la brume qui se déchire par intermittence. Ainsi nous pouvons admirer les Orgues de Camplong mais ne voyons rien du cirque et des aiguilles d’Ansabère, un des sites les plus beaux de la traversée…
Arrivée à Lescun en passant par l’ancien refuge
de Labérouat où, là, un panneau indique clairement un point d’eau. Nous
descendons au gîte d’étape de l’hôtel du Pic d’Anie où une charmante
vieille dame nous accueille fort agréablement. Nous mangeons, le soir,
au restaurant du Pic d’Anie et je recommande vivement aux randonneurs
passant par Lescun d’aller « humer » l’atmosphère de cette maison
ancienne qui sent bon « l’ancien temps », propre et de bon goût.
Ajoutez-y le sourire de l’hôtesse et voilà une excellente soirée qui
fait oublier les intempéries du dehors…
Lundi 26 juin
Lescun-Refuge d'Arlet
La porte du col de Pao
Départ à 7h 30 pour le col de Pao en compagnie de randonneurs rencontrés à la PSM…dans le brouillard, on ne change pas les bonnes habitudes ! Nous rencontrons nos premières marmottes juste avant le col. Au col, nous sommes au-dessus des nuages et retrouvons enfin la lumière du soleil. Alain, des fourmis dans les jambes, est parti seul devant vers le refuge d’Arlet. La progression est tranquille et la visibilité permet de voir du Pic d’Anie à l’Ouest jusqu’à l’Ossau à l’Est. Au col de la Cuarde le Castillo de Acher me présente sa face Nord. J’y étais allé en mai 2005 avec mon copain Christian qui doit me rejoindre à Cauteret. La vallée du rio Aragon se déroule à ses pieds, majestueuse, toute verte d’une herbe toute neuve !
Le Castillo de Acher
Lorsque j’arrive au refuge d’Arlet, Alain est déjà arrivé depuis 1h !
Nous convenons, le soir même, de nous séparer le lendemain en
allant vers le Somport : son allure lui permet de doubler les étapes.
3 - Refuge d'Arlet - Col de la Fache - Vallée du Marcadau
Mardi 27 juin
Refuge d’Arlet – Refuge d’Ayous
Orage en préparation
Au matin du 27 juin Alain et moi avons cheminé ensemble sur les crêtes de la montagne de Banasse. C’est là qu’Alain a pris son envol…je ne le reverrai plus jusqu’à Banyuls.
Mon
objectif, le col du Somport et le refuge d’Ayous. J’aperçois une
dernière fois Alain sur le flanc opposé au niveau de la cabane Grosse
et me rend compte qu’il part tout droit sur une piste qu’il ne fallait
surtout pas descendre ! Bah ! Ses jambes sont suffisamment costaudes
pour le ramener sur le bon chemin, plus tard.
La descente
vers le parking du Sansanet me fait plonger dans la brume….les bergers
d’Espélunguère traient leurs brebis dans la purée de poix. Celui de la
cabane d’Escuret n’est pas mieux loti ! Il me confirme qu’il n’a vu
personne passer avant moi, ce qui me laisse à penser qu’Alain est parti
plein Est au lieu de descendre vers le Sud….il me donnera ses positions
sur le portable. Le brouillard est toujours présent lors de la montée
vers le Somport. Il ne disparaîtra que là haut. A noter : à la venta du
Somport, pas question d’acheter les fruits au détail ! 1 Kg minimum !
Bon, ben j’achète 1 Kg de pêches, j’en consomme un max sur place et je
me casse de là en direction du col des Moines. La brume a complètement
disparu mais les cumulus annonceurs d’orage me talonnent ! J’hésite
entre le bivouac et le refuge d’Ayous. Finalement j’opte pour le refuge
même s’il m’impose un détour. Cette option me permettra une rencontre
des plus sympathiques…
Mercredi 28 juin
Refuge d’Ayous - Refuge de Pombie
Patrice, le marathonien contemplatif !
A l’origine, l’objectif était de joindre le pont d’Arrious, voire le col du même nom.
La
veille au soir, au refuge, je fais la connaissance d’un randonneur un
peu « désemparé ». Patrice il se nomme. Il est parti lui aussi
d’Hendaye avec un ami qui l’a planté 3 ou 4 jours après leur départ….si
j’ai bien compris, c’est son ami qui avait préparé l’itinéraire HRP
mais manque de préparation et de condition celui-ci l’a laissé en lui
léguant son topo de Véron et….bonne chance !
Manifestement Patrice n’a pas très confiance en lui-même et s’apprête à faire la traversée par le GR 10, ce qui l’ennuie énormément. Après discussion, je lui propose de m’accompagner jusqu’à la vallée du Marcadau, au-dessus de Cauteret, où je dois récupérer un copain qui m’accompagnera pendant 15 jours. Petit détail : Patrice est un marathonien et prépare les 100 Km de Millau pour l’année prochaine ! Décidément, entre Alain le fondeur et Patrice le marathonien….
L'Ossau
Nous
partons donc vers Pombie et l’Ossau. Patrice s’adapte tout à fait à mon
allure et semble ravi de la tournure des évènements. A « Peyreget » le
berger trait ses brebis (Ah ! le fromage de brebis de la vallée d’Ossau
!). du col nous apercevons le refuge de Pombie. Il fait beau, petites
photos devant « Jean-Pierre » et nous décidons d’aller manger
l’omelette au refuge avant de poursuivre. Tandis que nous mangeons :
badaboum, badaboum, badaboum ! L’orage éclate et c’est parti pour
l’après-midi (il est 12h 30 !). C’est long une ½ journée enfermé dans
un refuge ! Et ce n’est pas la victoire de l’équipe de France de foot
sur l’Espagne qui y changera quoique ce soit !
Jeudi 29 juin
Refuge de Pombie – Refuge de Respomuso
Départ sous un ciel magnifique. Tout le monde est parti de bonne heure. Il faut dire que l’après-midi d’hier a compromis pas mal de balades. Nous descendons jusqu’à la cabane de Soques en compagnie d’un couple venu du « Beaujolais » avec lequel nous avons sympathisé. Le passage d’Orteig qui mène au refuge d’Arrémoulit est assez impressionnant. Nous hésitons à manger l’omelette à Arrémoulit ne sachant pas si c’est la cause de déclanchement d’orages prématurés ! (cf. hier). La gardienne du refuge est enceinte jusqu’aux yeux…elle est rayonnante de grossesse et belle comme le décors qui l’entoure…il faut que le ou la petit(e) naisse ici, au milieu de ces montagnes ! Ce ne sera pas le cas : l’accouchement est prévu dans un mois et elle compte bien redescendre à pied ! Toujours par un temps magnifique, nous nous dirigeons vers le col d’Arémoulit pour découvrir, de l’autre côté, les lacs d’Arriel. La descente est délicate mais nous permet de déguster à sa juste valeur le paysage qui plonge vers l’Espagne. Des lacs, l’accès à Respomuso est long mais facile. En arrière plan se détache la Grande Fache au pied de laquelle nous passerons demain.
Vendredi 30 juin
Refuge de Respomuso – Colde la Fache – Vallée du Marcadau
Départ de Respomuso par temps clair. L’accès au col de la Fache est entrecoupé de névés pas bien méchants. Les lacs de la Fache sont encore à moitié recouverts de neige. Ces touches blanches donnent un aspect encore plus « haute montagne » à notre périple. La Fache, je connais pour y être allé il y a quelques années. Je propose tout de même à Patrice d’y aller mais celui-ci préfère avancer. Dommage, à 1h à peine il aurait pu jouir d’un panorama extraordinaire par une météo superbe. Nous basculons vers le refuge Wallon et la vallée du Marcadau.
«
Tu n’es pas idiot, tu as des cartes et le topo, tu as des jambes qui te
permettent de te ramener si tu te plantes, alors tu peux partir vers le
lac d’Aratille et le col des mulets sans problème et, arrivé au refuge
des Oulettes, tu verras si tu te sens d’aller au refuge de Baysselance.
Quant à moi, je descends pour accueillir mon ami Christian qui me
rejoint pour m’accompagner jusqu’au Port de la Bonaiga. Alors salut, on
se tient au courant… ». Tels sont les dernières paroles échangées avec
Patrice devant un café au refuge Wallon. J’apprendrai, plus tard, qu’il
est arrivé à Gavarnie le soir même…effectivement, il avait besoin de
laisser ses jambes s’exprimer librement !
4 - De la vallée du Marcadau au refuge de Barroude
Vendredi 30 juin
La vallée du Marcadau
Après
avoir quitté Patrice, je prends mon temps pour descendre jusqu’au
chalet-refuge où je bivouaquerai le soir même. Elle est belle cette
vallée et c’est un plaisir d’y flâner, de m’y arrêter au bord de l’eau
et même d’y faire une petite sieste !
Il me faut attendre jusqu’au
lendemain midi, heure à laquelle Christian devrait me rejoindre,
accompagné par ma Douce et mon petit Émilien.
Samedi 1er juillet
Refuge du Marcadau-Refuge des Oulettes de Gaube
Aire de bivouac aux Oulettes de Gaube
Après
le petit déjeuner, deux charmantes personnes se proposent de me
descendre à Cauterets. Ma foi, la matinée risque d’être longue et j’en
profiterai pour « tirer des sous » et faire un peu de ravitaillement.
Cauterets est une assez jolie petite ville. Nous y passons
régulièrement une semaine en gîte et en famille. D’ailleurs Claudine
va y passer quelques jours avec Émilien et son
copain Sylvain. Je les retrouve tous vers midi comme prévu. Nous avons
beaucoup à parler ! Eux de la fête du 14 juillet à Castelnau, moi de
ces 15 premiers jours de traversée. Nous avons tout loisir d’échanger
avant de prendre la direction du télésiège du Marcadau qui nous emmène
au lac de Gaube.
Christian entame sa première journée sur les
chapeaux de roue ! L’orage qui menace nous amène à accélérer la cadence
afin d’arriver au refuge des Oulettes avant qu’il n’éclate. Bien vu ! A
peine franchi le seuil du refuge, boum boum badaboum et le déluge
s’abat au pied du Vignemale ! Il est 16h. Nous attendrons 18h pour
aller planter la tente sur l’aire de bivouac.
Dimanche 2 juillet
Refuge des Oulettes-Lac d’Ossoue
Le Vignemale
Petit déjeuner au refuge des Oulettes. Objectif de la journée : la cabane du barrage d’Ossoue par Baysselance et le Petit Vignemale. Nous sommes attendus le surlendemain à Gavarnie. Autrement dit, ces deux journées qui viennent s’annoncent cool…
La montée vers la hourquette d’Ossoue…monte ! environ 600m depuis le refuge. Nous avons tout le temps, la journée s’annonce agréable même si quelques petits cumulus viennent nous narguer de bonne heure. Nous laissons les sacs à la hourquette pour gravir le Petit Vignemale façon archi-MUL ! La vue sur le glacier d’Ossoue est fantastique. C’est dimanche et nous distingons plusieurs cordées à l’assaut du Vignemale. La descente vers le lac d’Ossoue via le refuge de Baysselance est tranquille. Nous prenons notre temps et arrivons en début d’après midi à la cabane. Nous hésitons…Gavarnie ? Demain. Pour l’heure nous « farnientons autour du lac. Nous partagerons la cabane avec 4 randonneurs bien décidés à « faire » le Vignmale le lendemain.
Je n’ai pas entendu nos amis « Vignemalistes » partir à la frontale. Le temps est clair mais du GR 10 que nous empruntons jusqu’à Gavarnie la mer de nuages laisse à penser, qu’en bas, ça doit pas être bien terrible…nous arrivons à Gavarnie pour midi et descendons au « Gypaète », un gite au village tenu par un aubergiste fort sympathique. Nous jouons les touristes à Gavarnie !...Petit resto, rosé bien frais…une certaine idée du bonheur vu les conditions ! Le refuge abrite des compagnons riches en expérience de la rando. Les discussions vont bon train avec un groupe de montagnards venus de Biarritz et une famille fraîchement débarquée du Canada qui s’apprête à rejoindre Barcelone à pied. Repas copieux et délicieux. Un endroit que je vous recommande…
Mardi 4 juillet
Gavarnie-Cabane d’Aguila
Les granges de Coumély
Cabane d'Aguila
Après le petit déjeuner, Christian accompagne un moment le groupe de Biarrots tandis que j’attends nos visiteurs en écrivant cartes postales et en complétant le ravitaillement pour les jours suivants. Nous quittons Gavarnie à 13h 30 après avoir partagé le pique-nique avec Claudine et les enfants. Vu l’heure, nous rejoignons Héas en contournant le Piménée par le plateau de Coumély. Un cadavre de vache trempe dans le lac des gloriettes…à ce propos, au cours de ma traversée, j’ai découvert à 4 reprises des carcasses d’animaux dans des torrents…rappelons que la consommation d’eau à même le torrent ne peut se faire qu’à une altitude où les troupeaux n’ont pas accès…et encore, nous avons vu un cadavre d’Isard dans la rocaille à 2700m ! Prudence et pastilles…
Du lac des Gloriettes nous apercevons la brèche de Tuquerrouye encombrée d’un névé imposant et, en arrière plan, le monte Perdido. Nous prenons la direction de l’auberge du Maillet pour éviter de descendre par la route et arrivons à la chapelle d’Héas en frôlant le cirque de Troumouse. Nous irons passer la nuit à la cabane d’Aguila, au-dessus d’Héas, sur le chemin de la hourquette du même nom. La cabane est propre et les vaches sympathiques ! Une source et un torrent / salle de bain donnent un petit air paradisiaque à l’endroit !
Mercredi 5 juillet
Cabane d’Aguila-Parzan
La brume enveloppe la cabane d’Aguila. La grimpette vers la hourquette d’Héas est rude. C’est marrant, toutes les grimpettes sont « rudes » ! Heureusement, nous sortons de la brume rapidement et pouvons jouir de paysages splendides. C’est marrant, les paysages sont très souvent « splendides » !
Pep, Émilien et Lionel à la hourquette de Chermentas en 2001
De la hourquette d’Héas nous virons vers la hourquette de Chermentas avec une pensée pour mon ami Pep qui, à force de volonté, est arrivé jusqu’ici en partant de Piau-Engaly un certain jour de l’été 2001.
Les murailles de Barroude
Nous longeons les murailles de Barroude sous un beau soleil en compagnie d’isards plus préoccupés par leur pitance que par le passage de randonneurs HRPistes !. A l’approche du refuge, le vent est plus fort et il fait plus froid. De gros nuages noirs accrochent le pic de troumouse. Il est midi. Nous pique-niquons à l’intérieur du refuge avec un bol de café au lait brûlant !
Passé le col de Barroude, nous dévalons le cirque de Barrosa et pénétrons en terre espagnole. Isards et marmottes nous accompagnent…le sentier aboutit sur la route nationale qui relie la France à l’Espagne par le tunnel de Bielsa. A peine arrivés à la dite route, boum boum badaboum, l’orage nous surprend, accompagnés de trombes d’eau…
Boum...badaboum !
Nous sommes trempés jusqu’aux os en un instant : nul abri et la violence de l’orage ne nous laisse aucune chance pour planter la tente. Nous marchons sur la route sous la flotte ! au bout de cinq minutes nous sommes en vue d’un abri sommaire (il est bien temps !) sous lequel se protègent déjà quelques personnes. Nous les rejoignons. Parmi elles, 2 dames et un monsieur belges d’un âge, disons, qui inspire la sagesse…dialogue :
Le monsieur : « mais vous n’allez pas rester comme ça ! on rentre en France, on vous emmène ! »
Nous : « c’est gentil mais nous n’allons pas en France, nous descendons au village de Parzan, 2 ou 3 Km plus au sud »
- « ça fait rien, on vous emmène au village quand même ! »
- « mais monsieur, vous voyez bien dans quel état on est, on dégouline
de partout ! » (il faut dire qu’il a une limousine nickel-chrome !)
- « c’est pas grave, c’est que de l’eau »
Et voilà comment des papi/mamies belges nous ont embarqués sans qu’on leur demande quoi que ce soit ! Ne dites plus du mal des Belges !
A
Parzan la pluie tombe de plus belle. J’ai repéré sur le topo de Georges
l’existence de « casa del turismo rural » ce qui doit correspondre à
nos « chambres d’hôte ». je sonne à une porte et une charmante jeune
fille me fait rentrer, toujours dégoulinant, dans une maison aussi
nickel-chrome que la limousine de nos amis Belges…Pas de souci, nous
passerons la nuit ici, dans de vrais lits, pour la modique somme de 25
€ ! En prime, le maître des lieux nous installe la TV pour que nous
puissions regarder je ne sais plus trop quelle demi-finale dans
laquelle les Bleus sont impliqués ! Comme quoi une galère trouve un
final des plus sympathique ! (ça se vérifiera à d’autres occasions).
5 - Parzan - Arties
Jeudi 6 juillet
Parzan – Camping de Viados
Direction Viados...
Longue
étape aujourd’hui. Nous remontons la route nationale sur 1 Km pour
emprunter une piste qui nous amènera au refuge de Viados après une
dénivelée de 1000 m tout de même ! L’orage d’hier est derrière nous
bien que quelques cumulus viennent nous titiller. Nous nous arrêtons au
camping juste avant le refuge et faisons connaissance d’un jeune gars
qui parcourt également la HRP.la fin de l’après midi est consacrée au
séchage du linge trempé la veille. Deux Anglais rencontrés sur le
chemin arrivent à leur tour ce qui donne lieu à des échanges «
baragouinés » dans un anglais très approximatif ! Mais après quelques
bières tout le monde comprend tout le monde !
Vendredi 7 juillet
Camping de Viados – Lac de Caillaouas
Le valon d’Aygues Tortes
Le
ciel est clair et les prévisions météo pour les 3 jours à venir sont
très favorables. Aussi c’est le cœur léger que nous appréhendons la
traversée des 3000 du Luchonnais qui nous attendent du côté des Gourgs
Blancs. En attendant il nous faut déjà franchir le col d’Aygues
Tortes…et il faut se le gagner ! Nous admirons tout à loisir le massif
des Posets nous promettant d’y revenir en visite plus approfondie plus
tard. C’est une belle contrée boisée avec de l’eau partout. Un autre
spectacle nous attend au col : la vallée qui descend sur le lac de
Pouchergue. La descente dans les barres rocheuses est délicate et nous
finissons par atteindre sans encombre le lac de Pouchergue au bord
duquel nous cassons une petite croûte. Le soleil nous inciterait
volontiers à la sieste…mais il nous faut rejoindre le lac de Cailaouas
et sa cabane qui nous servira d’abri pour la nuit. Le contournement de
la montagne entre Pouchergue et Caillaouas offre une vue magnifique sur
les gorges de Clarabide et le refuge de la Soula.
Nous ne dormions
pas à la cabane de Caillaouas : trop crade ! Des constructions neuves,
non encore aménagées, d’EDF nous servirons d’abri
Samedi 8 juillet
Lac de Caillaouas – Refuge du Portillon
Le lac de Caillaouas
Les Gourgs Blancs
La météo ne s’est pas trompée…un ciel clair nous attend au départ de Caillaouas. Le lac des Isclots, le lac du Milieu…la progression se fait tranquillement dans l’attente du couloir des Gourgs blancs. Des pierriers viennent casser le rythme de la marche pour le plus grand malheur de nos pieds….mais nos yeux photographient avec bonheur les 3000 qui se découvrent petit à petit. L’accès aux névés terminaux apporte plus de confort dans la marche et de la tusse de Montarqué nous parcourons, des yeux, à 360°, toutes ces belles montagnes qui entourent le refuge du Portillon. Nos yeux portent jusque dans la plaine de Gascogne et nous pourrions presque deviner Castelnau-Barbarens ! Le refuge est plein à cette époque de l’année : il est le point central pour tous ceux qui désirent gravir les 3000 environnants. La soirée au refuge se déroule dans une ambiance conviviale entre des gens qui ne se verront sans doute qu’une fois. C’est ce qui fait, entre autres, le charme de ces rencontres du hasard.
Dimanche 9 juillet
Refuge du Portillon – Refuge de Coronas
Depuis
deux jours le ciel est stable. Il l’est encore lorsque nous attaquons
la montée vers le col de Litterola. Belle montée ! Au col, un névé à
l’Est dans une pente assez raide. Il nous faut être attentif et
précautionneux. Au loin le passage vers le col de la Rémune, au pied
d’une tour. Nous sommes dans la haute montagne…sur toute cette portion
nous admirons le pic des crabioules, le Perdiguère, le Maupas…des noms
qui nous chantent à l’oreille, nous qui arpentons régulièrement ces
massifs du Luchonnais. Christian est aux anges ! nous approchons le col
de la Rémune en suivant autant que faire se peut les crêtes afin de
profiter du panorama. La vallée de la Rémune qu’on aperçoit au fond est
pleine de promesse mais il faut s’enquiller un chaos granitique pas
piqué des hannetons pour y parvenir ! qu’elle est longue cette descente
!
Iris
Direction
l’hospice de Venasque où Christian rencontrera l'ours et où nous ferons
le point sur notre itinéraire : col de Mulleres ou pas col de Mulleres ?
L’épisode du col de litterola nous laisse pensif. Le col de mulleres
est-il encombré par un névé, Si oui, la description qu’en fait Véron
nous amènerait à rejoindre l’hospice de Vielha par le Sud. Après moult
tergiversations nous optons pour l’option Sud faute d’avoir des
renseignements sur le passage de Mulleres.
Nous quittons l’hospice
pour rejoindre, plus au Sud, le GR 11 qui nous mènera à l’hospice de
Vielha. Un couple d’Espagnols et leur camionnette nous emmènent au
départ du GR 11 nous évitant ainsi 6 Km de goudron : elle est pas belle
la vie ?
Nous atteignons le refuge non gardé de Coronas trouvé en excellent état.
Lundi 10 juillet
Refuge de Coronas - Hospice de Vielha
Maladeta et Aneto, face Sud
Rude journée ! Nous n’allons pas jouer les équilibristes au col de Mulleres mais nous allons nous cogner 3 cols et des Km de cahos granitiques…7h de marche effective pour arriver à l’hospice vers 16h en traversant de beaux sites au Sud de la Maladeta. Journée longue et fatigante, surtout la fin qui n’en finit pas de ne pas finir…Nous dormons à l’hospice avec l’intention de descendre, demain, en stop à Vielha afin de ravitailler
Mardi 11 juillet
Hospice de Vielha – Estany Tort
Estany Tort de Rius
A
8h nous sommes en poste à l’entrée espagnole du tunnel, pouce levé. La
descente à Vielha ne pose aucun problème grâce à l’amabilité de deux
automobilistes. Nous sommes à Vielha à 8h 45 ! Retirer des sous à la
machine, faire des courses, écrire quelques cartes postales et revenir
à l’hospice en bus : c’était le programme de la matinée !
Nous
reprenons la HRP en début d’après midi sous un ciel couvert mais sans
pluie. Rampaillon sévère jusqu’au col de Rius, accès vers le parc des
Encantats. Le Montardo nous fait face mais nous nous dirigeons vers le
massif du Besiberri avec l’intention de bivouaquer au bord de l’estany
Tort d’où nous avons une vue imprenable sur le côté Est de la Maladeta.
L’orage éclate à 20h 30. C’est pas grave, on a mangé, les sacs sont à
l’abri et nous aussi !
Mercredi 12 juillet
Estany de Tort – Refuge de Colomers
Au fond, le refuge de Colomers
Le réveil s’effectue sous un ciel clair plein de promesses. Se réveiller dans un décors pareil, c’est pas donné à tout le monde…Nous nous dirigeons vers le col de l’estany del Mar où nous restons un moment afin d’apprécier à sa juste valeur la vue qui s’offre à nous : Besiberri Nord, Montardo, estany de Mar avec sa petite île au milieu…Arrêt au refuge de la Restanca où nous pique-niquons avant de continuer le GR 11 vers le refuge de Colomers. Au col de Caldes le ciel devient menaçant. Nous hâtons le pas, talonnés par l’orage qui nous poursuit…il laissera crever ses nuages 3 mn avant que nous n’atteignions le refuge ! Refuge exigu où s’entassent des randonneurs surpris eux aussi et, parmi ceux-ci, John, un randonneur originaire de San Francisco, amoureux des Pyrénées…les retrouvailles valent bien une bonne bière !
14 avril 2008
6 - Arties - Port de la Bonaiga - Pla de Boavi
Samedi 15 juillet
Col de la Bonaiga…
Après les tapas à Arties...
...au bivouac, les tomates du jardin de Castelnau apportées par Claudine !
Après
une journée de repos à Artiès, Christian cède la place à Jean-Marc. Le
départ et les adieux ont lieu au col de la Bonaiga à 14 heures.
Jean-Marc est rapidement dans l’ambiance car après 1h ½ de marche nous
plantons la tente pour nous protéger de l’orage ! Nous resterons sous
la tente de 16h 15 à 19h ! C’est sans doute le baptême de Jean-Marc !
Dimanche 16 juillet
Estany Pedo – Alos de Isil
Pierrier à l'estany d'Airoto
Christian devait le savoir ! Et c’est pour ça qu’il s’est arrêté à la Bonaiga…Nous allons de chaos granitique en chaos granitique ! Des cailloux, des gros, des petits…Jean-Marc adore, c’est net ! Et en plus on se plante du côté de l’estany d’Airoto ! C’est dans ces moments qu’on constate qu’une carte ne ment pas ! Et on se dit qu’on sera plus vigilant à l’avenir…jusqu’à la prochaine erreur ! Toujours est-il que nous traversons une région magnifique, sauvage. Nous ne rencontrons personne…L’approche de Alos de Isil n’est pas évidente. On voit le village du haut des crêtes qui le surplombent mais le voir et l’atteindre…Nous y sommes, enfin, sur les coups de 14 heures. La « casa Eugénia », où nous devions ravitailler, est fermée définitivement depuis la fin de l’an dernier…Après nous être restaurés près de la fontaine du village, nous continuons notre route pour aller bivouaquer sur la rive droite du barranco de la Cormamala. Nous descendrons à Tavascan après demain pour ravitailler.
Lundi 17 juillet
Alos de Isil – Abri Enric Pujol
Col del Clot de Moredo
Comme d’habe ! Petit dèje, préparation des sacs, pliage de la tente et en route ! 1000m de dénivelée pour commencer la journée…belle petite mise en jambes ma foi ! Ça monte bien. Nous arrivons au col de la Cornella vers 11h 30, ce qui n’est pas si mal. Jean-Marc n’est pas encore dans le rythme mais l’étape d’aujourd’hui devrait parachever sa mise en forme…ou l’anéantir !...3 cols à passer (Cornella, Curios, Calberante), dans une montagne belle et sauvage. Des lacs partout avec, au loin, derrière nous, les Encantats et la Maladeta. Nous atteignons le déversoir de l’estany Major d’où nous découvrons d’un seul coup d’œil les lacs inférieurs et, à leur extrémité, l’abri Enric Pujol. Encore une image forte qui restera imprimée pour longtemps dans nos mémoires.
Poli glaciaire
Nous
descendons vers l’abri en cheminant au milieu de magnifiques polis glaciaires.
Le ciel se charge et nous attendons un moment à l’abri, histoire de
voir comment ça va tourner…nous décidons de poursuivre. Nous gagnons le
fond du cirque et suivons le torrent qui file vers Tavascan. Et, petite
devinette : pourquoi nous arrêtons-nous au bout d’une heure ? Bravo !
Boum boum badaboum !...ça devient rengaine...
Mardi 18 juillet
Abri Enric Pujol – Pla de Boavi
Bivouac au Pla de Boavi
Lever
à 6 heures sous un grand beau temps...classique quoi! Nous rejoignons la
piste qui descend à Tavascan avec un arrêt au camping qui est sur la
route. Le boulanger qui amène le pain au camping nous propose sa
camionnette jusqu'à Tavascan: 7 Km de goudron évités! Tavascan est un
joli petit village qui compte néanmoins 3 hôtels-restaurants! Un grand
merci à la gérante (ou la patronne) de l'hôtel « les Llacs de Cardos »
qui s'est mise en 4 pour nous être agréable. Ravitaillement, cartes
postales, coups de fil (nous apprenons ainsi que Patrice et Alain sont
déjà à Amélie-les-Bains!), repas de midi sublime et nous reprenons la
route vers le plateau de Boavi sous un soleil de plomb ce qui a le
mérite d'éliminer les « débordements culinaires » de ce midi!
Sur
le plateau, un endroit paradisiaque nous tend les bras pour planter la
tente. Chose faite, un pêcheur nous conseille vivement d'aller la
planter ailleurs: «prohibido acampar »...les gardes locaux ont la
mauvaise habitude de passer tous les 2 jours...alors, faire et défaire,
c'est toujours s'amuser, non?
7 - Pla de Boavi - Col de Puymorens
Mercredi 19 juillet
Pla de Boavi – Vall Ferrera
Au col de la Mina
Pour changer, pas de ciel bleu au lever. Des nuages nous accompagneront une bonne partie de la journée. Suffisamment hauts toutefois pour que nous puissions jouir des paysages qui se découvrent au fur et à mesure de notre marche. Objectif : le refuge de Vall Ferrera par le col de Sellente. 1100 m de dénivelée en guise de petit déjeuner ! Jean-Marc ouvre la marche et nous parvenons tranquillement au col de Sellente où la vue sur le lac de Baborte vaut bien les 1100 m que nous avons dans les mollets.
La descente sur Vall Ferrera est rude (raide et pierreuse). Nous nous arrêtons au refuge où nous cassons la croûte. Nous décidons de nous avancer pour l’étape de demain qui s’avère longue. Direction le port de Boet. 1 heure de marche plus tard nous avons juste le temps de monter le toit de la tente avant que l’orage ne nous tombe dessus ! Boum boum badaboum de 16 h à 18h 30 avec l’eau qui passe sur la moitié du sol protégé ! Nous avons froid, il est temps que ça s’arrête pour nous installer plus « confortablement »…La chambre installée, nous saucissonnons et voila-t-y-pas que le soleil se met à briller de mille feux !.. J’te jure !...
Jeudi 20 juillet
Vall Ferrera – Refuge de Sorteny par El Serrat
Le "glou-glou" de l'eau
Il
a plu une bonne partie de la nuit mais à 6h du mat la pluie a cessé.
Des nuages filent dans le ciel mais ne semblent pas menaçants. Petit
déje et en route vers le port de la Boet ! Ça monte bien et ça
redescend méchant, raide…en face, le port du Rat qui nous attend. Entre
les deux c’est la France et l’Ariège. Jean-Marc monte à son rythme. Je
pars devant pour ne pas casser le mien. Tant que les sentiers sont
balisés ou bien marqués, ça ne pose pas de problème. En cas de doute à
une intersection, je l’attends. Ma foi, nous fonctionnons assez bien
comme ça. De l’autre côté du port du Rat c’est l’Andorre avec la
station de ski au-dessus d’El Serrat. Du col nous découvrons la
station. Un snack nous y attend pour déguster une bonne salade. Le
soleil est présent mais la veste coupe-vent est de rigueur en terrasse
!nous descendons à El serrat et poursuivons vers le refuge non gardé de
Sorteny. Surprise : le refuge est envahi par une bande d’ados de
Barcelone. Plus une couchette de disponible sur les bas-flancs…nous
préférons pousser jusqu’à une cabane repérée sur la carte, un peu plus
haut. La soirée est calme.
La cabane est déjà occupée par
un nommé Laurent qui, lorsqu’il a vu la meute débarquer au refuge, a eu
la même idée que nous. Encore un drôle de gaillard ce Laurent, il fait
des courses en montagne : il est parti d’Hendaye le 3 juillet ! Son
étape du lendemain est « les Bouillouses » ! Jean-Marc et moi y serons
dans 3 jours !!...
Cabane
Vendredi 21 juillet
Refuge de Sorteny – Vallon d’Inclès
Le valon d'Incles
Laurent
est parti à 3h du matin à la frontale…on se rendort ! 3h après, c’est
notre tour. Le gros morceau de la journée est le col de la Mina. La
progression est lente car la pente est raide (Raffarin, 10/02/2005).
Faute d’avoir pu ravitailler à El Serrat, nous passons par Ransoll où
nous devrions pouvoir le faire. Une halte dans un charmant petit
village andorran ne peut pas nous nuire….hé ben si que ça nous nuit !
Ransoll n’est pas le « charmant petit village andorran » ! Ransoll est
une station de sports d’hiver en pleine expansion et lorsque nous y
arrivons tout n’est que bruit et fureur : grues, camions, engins de
toutes sortes et la route qui relie le Pas de la Case à Andorre la
Vieille saturée de bagnoles !!! Le choc après des semaines passées loin
de tout ça ! Vite, vite, on ravitaille et on se casse !
Le vallon
d’Inclès est à deux pas de là. C’est bien son problème : combien de
temps ce vallon paisible et superbe restera-t-il à l’abri des
promoteurs ? Le patron du camping est bien conscient de la menace et
nous fait part de ses craintes. En attendant nous profitons de la
sérénité du lieu pour nous remettre de nos émotions…
Samedi 22 juillet
Vallon d’Inclès – col du Puymorens
Le Pas de la Case
Belle
journée en perspective qui nous amènera au Puymorens en passant par le
Pas de la Case, le supermarché de l’Andorre. A la différence de
Ransoll, nous savons ce qu’est le Pas de la Case et nous savons que
nous y passons. Nous n’aurons pas l’effet de surprise provoqué par
Ransoll. Et même programme : on traverse vite fait et on reprend de
l’altitude !
Le vallon d’Inclès au soleil levant nous invite à
flâner pour prendre la direction du port de Dret. Avant le Pas de la
Case nous découvrons le complexe d’Envalira et ses remontées
mécaniques. Vu d’en haut, le Pas de la Case et ses immeubles fait
vraiment « tache » dans ce décor pyrénéen. Et dire que des millions
d’€uros transitent tous les jours là, sous nos pieds ! Les boutiques ne
manquent pas : matériel hi-fi, bijoux, appareils photo etc…mais trouver
un concombre et des tomates relève du parcours du combattant ! Ne nous
attardons pas ! Il est temps de s’échapper pour regagner les cimes…
Nous sommes trop bas par rapport au topo. Nous devons contourner un
large talweg pour rejoindre le chemin normal…et la brume qui s’installe
! Elle nous prend au niveau d’anciens bâtiments miniers reliés au col
de Puymorens par une piste. Nous n’aurons aucun problème d’orientation
dans ce brouillard épais. Notre petite camarade Chantal doit nous
rejoindre à l’hôtel du Col pour finir la traversée avec nous. En
arrivant à l’hôtel un message nous apprend qu’elle arrivera en fin
d’après-midi. Nous l’attendons confortablement installés dans de
profonds fauteuils une bière belge à portée de main…elle est pas belle
la vie ?
Elle arrive avec son Jojo de mari sur les coups de 19h :
retrouvailles, nouvelles des uns et des autres…repas à l’hôtel et
bivouac à proximité.
Chantal est là !
Sur l’air de « Zorro un cavalier qui surgit hors de la nuit… »
Deux randonneurs
Qui surgissent hors du brouillard
Marchent vers le Levant droit devant
Chantal les attend impatiemment
Devant l’hôtel du Puymorens
Chantal Chantal
Le pic Carlit n’attend que toi
Chantal Chantal
Le Canigou te tend les bras
Chantal Chantal Chantal….
Ben ouais, elle y a eu droit…
Désolé…
8 - Le Puymorens - Ull de Ter
Dimanche 23 juillet
Le Puymorens-Le Carlit
Col de Puymorens
Voila ! Nous sommes trois pour finir le voyage. Nous avons prévu une première journée « cool » pour Chantal…ça ne durera pas !
Après un bon petit déjeuner à l’hôtel du Col nous empruntons un sentier
qui mène à l’étang de Lannoux. Le brouillard a disparu, la journée
s’annonce sous les meilleurs auspices. Chantal est OK, la petite
difficulté que représente le col de Lannoux sera une bonne mise en
jambe. Nous prévoyons de rejoindre la face Ouest du Carlit et de
bivouaquer à l’estany dels Forats. Du port de Lannoux le Carlit nous
apparaît comme une véritable muraille…nous avons la journée devant nous
pour nous préparer ! Une journée MUL en quelque sorte !
Nous
plantons les tentes à l’estany dels Forats qui se révèle une baignoire
super-luxe, un peu fraîche certes, mais se glisser dans le sac de
couchage propre et sentant bon…….
Lundi 24 juillet
Le Carlit-Montlouis
Sur le Carlit
6h
! le ciel est bleu, la vie est belle et le Carlit nous attend ! 500m de
dénivelée presque à la verticale ! La montée s’avère sévère mais, comme
les autres, nous le vaincrons ! Et nous avons vaincu ! Nous y sommes à
8h…personne ! à l’Est le complexe des Bouillouses se déploie devant
nous. Vue imprenable sur la Maladetta à l’Ouest et le Canigou à l’Est.
Nous jouissons pleinement du panorama car d’ici peu ça risque de se
bousculer au sommet ! D’ailleurs nous devinons, dans la vallée, des
groupes de randonneurs qui se dirigent par ici : les Bouillouses est un
site très fréquenté en été et le point de départ pour le Carlit. Amis
MUL, si vous avez envie d’aller sur le Carlit, allez-y donc par
l’ouest, c’est plus peinard et plus beau…
La descente semble
interminable. Les Bouillouses n’arrivent jamais ! Enfin ! A midi nous y
sommes au milieu d’une foule de vacanciers en vadrouille. Nous prenons
la navette de service qui nous évitera du goudron. Notre intention est
de rejoindre la vallée d’Eyne et d’aller y bivouaquer. Ce projet tombe
à l’eau…plutôt : il tombe de l’eau sur nos intentions ! Au vu du ciel
noir et menaçant qui s’avance vers nous, nous prenons la décision de
descendre droit sur Montlouis pour y trouver un abri.
Bien nous en
prend, à peine franchi le seuil d’un bistrot, ça pète et ça pleut de
partout ! L’office de tourisme est à côté. Nous nous y rendons et
demandons à une charmante dame s’il existe à Montlouis un hébergement «
à pas cher ! » pour 3 randonneurs craignant la flotte ! Après avoir
consulté ses fiches, cette dame nous propose de nous héberger chez
elle, juste de l’autre côté de la rue !
Nos hôtes de Montlouis
Si c’est pas un miracle ça ! Notre aimable hôtesse nous permet donc, pour la deuxième fois de la traversée, de dormir dans un vrai lit ! Son mari est à l’image de ce qu’elle est : accueillant et fort sympathique. Nous nous quitterons le lendemain matin après un petit déjeuner des plus copieux…cet épisode de la traversée est un des meilleurs souvenirs qu’il m’en reste. Encore merci à ce couple de Montlouis pour leur chaleureux accueil. Inutile de dire que nous les attendons dans le Gers ! A bientôt donc !
Mardi 25 juillet
Montlouis-Refuge d’Ull de Ter
Col de Noucreus
Notre petit détour par Montlouis nous oblige à rejoindre la crête frontière par le col de Noufonts. Il a plu toute la nuit mais le ciel est dégagé au départ de Montlouis. Grande étape aujourd’hui, une bonne dizaine d’heures. Nous empruntons un morceau de GR 10 qui s’enfonce dans la forêt. Lorsque nous le quittons pour rejoindre le col la vue se dégage et….nous permet de voir de gros nuages noirs !! A 100m du col l’orage éclate. Nous nous abritons dans un ohry qui fuit de partout ! Pas beaucoup de place, assis sur une pierre avec les capes, on commence à broyer du noir…voyant que l’orage se cantonne derrière nous, nous décidons de partir. Arrivés au col nous constatons que le ciel est parsemé d’orages aux quatre points cardinaux ! Par chance nous arrivons à passer au travers…Et c’est une longue route vers Ull de Ter sous un ciel à la fois inquiétant et superbe. Nous dormirons au refuge.
9 - Ull de Ter - Banyuls
Mercredi 26 juillet
Ull de Ter – Cabane Arago
Pla de Coma Armada
Longue étape aujourd’hui, étape étrange dans des paysages que je n’avais pas encore rencontrés dans les Pyrénées.
Du
refuge d’Ull de Ter nous allons vers la station de ski pour aller au
porteille de Morens. Le temps est beau, les orages d’hier sont bien
loin. Du porteille de Morens jusqu’au refuge de Mariailles la balade se
fera sur une succession de plateaux et de crêtes jamais rencontrés
pendant la traversée…à commencer par le pla de de Coma Ermada, vaste
étendue pelée qui rappelle plutôt le Larzac. Il s’en suit une marche
agréable jusqu’au pla de Guilhem dans un paysage qui commence à sentir
la Méditerranée au milieu de pierres et rochers blancs avec, en point
de mire, le massif du Canigou. Roc Colomb, collade de Roques-Blanches,
cabane du pla Guilhem et c’est l’arrivée et la pause à Mariailles avant
de reprendre la route vers la cabane Arago, au pied du Canigou. Cette
seconde partie de la rando se déroule dans une montagne plus «
traditionnelle » !
Pour paraphraser Hihpictv : « Mieux vaut
dormir mort dans la tente que vivant dans la cabane Arago ! ». Aussitôt
dit, aussitôt fait. D’autant que cette dernière partie de la journée
aura été pénible pour Chantal qui demande grâce !
Jeudi 27 juillet
Cabane Arago-Gîte de Batère
La "cheminée" du Canigou
Météo superbe au départ pour le Canigou. Après une bonne nuit réparatrice, mes compagnons et moi-même levons le camp tout joyeux de constater que le Canigou se franchira dans d’excellentes conditions. L’approche est tranquille par un bon sentier en pente douce. Le passage de la cheminée n’est pas si coriace : il faut s’aider des mains et ne pas avoir le vertige ! Nous aidons Chantal à monter son sac et arrivons au sommet sans encombre. Un gars est déjà là. Il est arrivé par l’Est. Arrivent ensuite un groupe de Hollandais. Tout ce joli monde arrive du refuge des Cortalets. Lors de la descente, tout à l’heure, nous en croiserons des marcheurs ! Comme au Carlit ! Le Canigou est un site très fréquenté…Pour l’instant nous jouissons d’une vue superbe à 360°. Nous espérions déjà apercevoir la mer mais la brume, tout au fond, nous en interdit la vision. Patience…
Arrêt-buvette au refuge des
Cortalets où la tenancière est aussi aimable qu’une porte de prison !
Petit casse-croûte tiré du sac et c’est le départ pour le gîte de
Batère…long…long…chaud…chaud…il me tarde d’en finir et je pars seul
devant laissant Chantal et Jean-Marc aux bons soins du GR 10. Journée
fatigante sous un chaud soleil et un vent à décorner les bœufs qui me
surprend au col de la Cirère.
L’arrivée à Batère n’est pas
des plus transcendantes : les vieux baraquements de l’ancienne mine de
fer à l’abandon donnent au site un côté « friche industrielle » pas
franchement terrible…d’autant que dans l’une de ces ruines je découvre
le cadavre d’une brebis en pleine putréfaction…bonjour l’ambiance !
C’est dans un de ces bâtiments abandonné qu’a été installé le gîte de
Batère. Heureusement, le sens de l’accueil de notre hôtesse, Annie, une
bonne douche et une bonne bière nous réconcilient avec le milieu
environnant !
Vendredi 28 juillet
Gîte de Batère-Ermitage de Las Salinas
Chênes verts
Après un bon petit déjeuner chez Annie, nous descendons sur Amélie les Bains. Nous ne sommes plus, encore une fois dans les mêmes Pyrénées : les chênes verts et chêne-liège deviennent l’essentiel des arbres alentours. Traversée d’Amélie sans problème, la ville semble ronronner au rythme de ses curistes. Nous déjeunons au centre ville (la réadaptation commence !) et prenons la direction de Las Salinas. A peine engagés sur les hauteurs d’Amélie, « boum boum badaboum ! ». Ça faisait un moment ! L’orage ne durera pas et nous pouvons attaquer la montée dans la forêt : 1200m pour arriver au col du Puits de la Neige tout de même ! Avec la chaleur qui est revenue. L’ombre de la forêt nous apporte une fraîcheur appréciable. Nous atteignons enfin le col et l’ermitage…vue sur la baie de Rosas, magnifique.
Le gardien de l’ermitage nous conseille de passer la nuit au refuge non gardé attenant à l’ermitage à cause des orages annoncés pour la nuit. Nous tenons compagnie à un monsieur espagnol et son chien qui semblent être installés ici pour les vacances… « Matelas douteux vaut mieux que déluge de feu » (proverbe local créé sur place !). Effectivement, les dieux du ciel nous offrent un concert de percussions !
Samedi 29 juillet
Las Salinas-Col de l’Ouillat
Ermitage de Las Salinas
Avant dernière étape de la traversée. Nous laissons, au loin, la baie de Rosas pour revenir en France. Après 1h ½ de marche, le chemin débouche en plein sur la terrasse du café de Las Illas ! La pause café s’avère indispensable ! Ça sera notre « douceur » de la journée. Parce qu’après, fini la rigolade ! Des Km de piste sous un soleil du tonnerre de Zeus ! Nous ne croyons jamais pouvoir joindre Le Perthus…plus on avance, moins on se rapproche ! C’est quand même pas banal ! A 14h 30 qu’on y sera au Perthus ! Crevés, les pieds en feu ! Et il faut monter à l’Ouillat après ça ! Que nenni ! Ça suffit pour aujourd’hui. Demain il fera jour !
Il faut dire que pour monter au col de
l’Ouillat, il faut se cogner 12 Km de route ! 12Km de bitume par cette
chaleur ! L’horreur…
Nous faisons le point sur la terrasse
ombragée d’un bar en compagnie d’un solide casse-dalle et d’une bière
bien fraîche. Et si on s’y faisait monter à l’Ouillat ? Allez, à nous
trois, si c’est moins de 20 €, banco ! Renseignements pris, le garçon
de café nous annonce 19 € !...Brigitte, le taxi qui nous emmène nous
rassure en nous apprenant qu’elle monte régulièrement des randonneurs
HRPistes qui craquent à l’idée de se farcir les 12 bornes qu’elle nous
fait faire en voiture. Et, pus la route défile, plus nous sommes
satisfaits de notre choix ! Futurs HRPistes, ne culpabilisez pas,
faites le…tellement mieux !
Le soir j’invite mes deux compagnons à fêter mon anniversaire, 57 piges dans le dos qu’il a le Yoyo !!! Putain…déjà !
Dimanche 30 juillet
Col de l’Ouillat-Banyuls
La Méditerranée !
Nous avons dormi à la belle étoile et nous levons tôt à cause de la chaleur de la journée. Lever particulier aujourd’hui…le dernier…après, ça sera plus pareil. Le jour est déjà levé lorsque nous atteignons le pic Neulos d’où nous embrassons la plaine catalane et la mer devant nous. Nous devons suivre le GR 10 jusqu’au bout…nous les suivons tellement bien ces marques rouges et blanches qu’on arrive à se paumer ! Nous les quittons pour contourner un mamelon par le Sud et les retrouvons un peu plus loin…sauf que…elles nous entraînent plein Sud ces balises ! Alors que nous devrions tirer plein Est ! En fait, nous avons quitté les marques rouges et blanches du GR 10 pour retrouver celles d’une variante du GR 11 espagnol ! Demi-tour, mille dios ! Rattraper le col de l’Orry et reprendre notre itinéraire normal…Il fallait bien ça pour la dernière journée !
Sec…tout est sec…les quelques vaches
aperçues sont aussi sèches que l’herbe rare qu’elles essaient de
trouver. Où sont les magnifiques troupeaux de la vallée d’Aspe ? Où
sont les cascades et les torrents des Pyrénées centrales ? D’ailleurs
nos propres réserves sont épuisées…et il fait de plus en plus soif ! Le
magnifique panorama qui s’étale sous nos yeux nous fait oublier la
déshydratation qui s’installe…et puis, tout est relatif : de l’eau nous
en aurons ce soir. Que dire de ces peuples africains pour lesquels
l’eau est réellement une question de vie ou de mort chaque jour ?
Nous
sommes au pic de Sailfort, au-dessus de Banyuls et de Port Vendres. La
tour Madeloc est encore petite vue d’ici. Nous restons un moment à
contempler la plaine et la mer. Et nous attaquons la descente…dernière
galère ! Descente infernale. 900m de descente dans les cailloux et la
poussière sous une chaleur qui augmente au fur et à mesure de la
descente. Il me tarde d’arriver à « la fontaine des chasseurs » juste
après le col des Gascons. Aussi j’accélère le pas pour y parvenir
(temps annoncé : 2h. Effectué en 1h1/4 ! Faut-y avoir soif !). Chantal
et Jean-Marc m’y rejoignent. Malins, ils ont réussi, sur le chemin de
descente, à soulever une plaque en fonte sous laquelle passe une
conduite d’eau ! Nous bavardons avec un groupe de jeunes qui
s’apprêtent à monter ce que nous venons de descendre et nous prenons la
direction du camping municipal.
Épilogue
Les 3 de l'arrivée !
Qu’est-ce
qu’on fout là ? On plante nos tentes dans une portion allouée où
n’existe que la poussière ! Pas d’herbe ni de terre, de la poussière !
Pas moyen de se poser. Le tronc d’arbre qui pourrait meubler l’enclos a
brûlé et est plein de noir de fumée. Jean-Marc en sait quelque chose,
lui qui s’y est assis ! Il s’est relevé en proférant des propos qu’il
ne convient pas de reproduire ici ! Et ce monde ! Tous ces vacanciers
entassés qui sentent l’ambre solaire et les merguez ! Et ce bruit de
fond de camping qui me fait aimer les « boum boum badaboum » du bivouac
!
Nous devions rester un jour à Banyuls. La décision est prise, Chantal appelle Joël qui viendra nous récupérer demain vers midi !
Lundi 31 juillet
Retour à Castelnau
Nous
plions les tentes aussitôt levés et partons vers la ville pour aller
prendre le petit déjeuner sous la plaque annonçant l’aboutissement du
GR 10 côté Méditerranée. Nous n’allons tout de même pas partir sans
aller nous y tremper dans cette Méditerranée que nous voyons depuis
plusieurs jours ! Le lien est fait avec l’Atlantique !
Joël
arrive sur le coup de midi comme prévu et nous prenons
l’autoroute…Perpignan, Carcassonne, Toulouse, Castelnau-Barbarens….où
un comité d’accueil nous attend avec, entre autres, Martine, Serge et
Christian, mes compagnons de route d’un moment….
C'est fini...
A ce jour et avec ce que j’ai appris de cette traversée, je sais que je la referai en me mitonnant un itinéraire sur mesure…
...prévu juin 2010 avec départ du Cabo Higuer par la Senda (GR 11)...





























































