14 avril 2008
9 - Ull de Ter - Banyuls
Mercredi 26 juillet
Ull de Ter – Cabane Arago
Pla de Coma Armada
Longue étape aujourd’hui, étape étrange dans des paysages que je n’avais pas encore rencontrés dans les Pyrénées.
Du
refuge d’Ull de Ter nous allons vers la station de ski pour aller au
porteille de Morens. Le temps est beau, les orages d’hier sont bien
loin. Du porteille de Morens jusqu’au refuge de Mariailles la balade se
fera sur une succession de plateaux et de crêtes jamais rencontrés
pendant la traversée…à commencer par le pla de de Coma Ermada, vaste
étendue pelée qui rappelle plutôt le Larzac. Il s’en suit une marche
agréable jusqu’au pla de Guilhem dans un paysage qui commence à sentir
la Méditerranée au milieu de pierres et rochers blancs avec, en point
de mire, le massif du Canigou. Roc Colomb, collade de Roques-Blanches,
cabane du pla Guilhem et c’est l’arrivée et la pause à Mariailles avant
de reprendre la route vers la cabane Arago, au pied du Canigou. Cette
seconde partie de la rando se déroule dans une montagne plus «
traditionnelle » !
Pour paraphraser Hihpictv : « Mieux vaut
dormir mort dans la tente que vivant dans la cabane Arago ! ». Aussitôt
dit, aussitôt fait. D’autant que cette dernière partie de la journée
aura été pénible pour Chantal qui demande grâce !
Jeudi 27 juillet
Cabane Arago-Gîte de Batère
La "cheminée" du Canigou
Météo superbe au départ pour le Canigou. Après une bonne nuit réparatrice, mes compagnons et moi-même levons le camp tout joyeux de constater que le Canigou se franchira dans d’excellentes conditions. L’approche est tranquille par un bon sentier en pente douce. Le passage de la cheminée n’est pas si coriace : il faut s’aider des mains et ne pas avoir le vertige ! Nous aidons Chantal à monter son sac et arrivons au sommet sans encombre. Un gars est déjà là. Il est arrivé par l’Est. Arrivent ensuite un groupe de Hollandais. Tout ce joli monde arrive du refuge des Cortalets. Lors de la descente, tout à l’heure, nous en croiserons des marcheurs ! Comme au Carlit ! Le Canigou est un site très fréquenté…Pour l’instant nous jouissons d’une vue superbe à 360°. Nous espérions déjà apercevoir la mer mais la brume, tout au fond, nous en interdit la vision. Patience…
Arrêt-buvette au refuge des
Cortalets où la tenancière est aussi aimable qu’une porte de prison !
Petit casse-croûte tiré du sac et c’est le départ pour le gîte de
Batère…long…long…chaud…chaud…il me tarde d’en finir et je pars seul
devant laissant Chantal et Jean-Marc aux bons soins du GR 10. Journée
fatigante sous un chaud soleil et un vent à décorner les bœufs qui me
surprend au col de la Cirère.
L’arrivée à Batère n’est pas
des plus transcendantes : les vieux baraquements de l’ancienne mine de
fer à l’abandon donnent au site un côté « friche industrielle » pas
franchement terrible…d’autant que dans l’une de ces ruines je découvre
le cadavre d’une brebis en pleine putréfaction…bonjour l’ambiance !
C’est dans un de ces bâtiments abandonné qu’a été installé le gîte de
Batère. Heureusement, le sens de l’accueil de notre hôtesse, Annie, une
bonne douche et une bonne bière nous réconcilient avec le milieu
environnant !
Vendredi 28 juillet
Gîte de Batère-Ermitage de Las Salinas
Chênes verts
Après un bon petit déjeuner chez Annie, nous descendons sur Amélie les Bains. Nous ne sommes plus, encore une fois dans les mêmes Pyrénées : les chênes verts et chêne-liège deviennent l’essentiel des arbres alentours. Traversée d’Amélie sans problème, la ville semble ronronner au rythme de ses curistes. Nous déjeunons au centre ville (la réadaptation commence !) et prenons la direction de Las Salinas. A peine engagés sur les hauteurs d’Amélie, « boum boum badaboum ! ». Ça faisait un moment ! L’orage ne durera pas et nous pouvons attaquer la montée dans la forêt : 1200m pour arriver au col du Puits de la Neige tout de même ! Avec la chaleur qui est revenue. L’ombre de la forêt nous apporte une fraîcheur appréciable. Nous atteignons enfin le col et l’ermitage…vue sur la baie de Rosas, magnifique.
Le gardien de l’ermitage nous conseille de passer la nuit au refuge non gardé attenant à l’ermitage à cause des orages annoncés pour la nuit. Nous tenons compagnie à un monsieur espagnol et son chien qui semblent être installés ici pour les vacances… « Matelas douteux vaut mieux que déluge de feu » (proverbe local créé sur place !). Effectivement, les dieux du ciel nous offrent un concert de percussions !
Samedi 29 juillet
Las Salinas-Col de l’Ouillat
Ermitage de Las Salinas
Avant dernière étape de la traversée. Nous laissons, au loin, la baie de Rosas pour revenir en France. Après 1h ½ de marche, le chemin débouche en plein sur la terrasse du café de Las Illas ! La pause café s’avère indispensable ! Ça sera notre « douceur » de la journée. Parce qu’après, fini la rigolade ! Des Km de piste sous un soleil du tonnerre de Zeus ! Nous ne croyons jamais pouvoir joindre Le Perthus…plus on avance, moins on se rapproche ! C’est quand même pas banal ! A 14h 30 qu’on y sera au Perthus ! Crevés, les pieds en feu ! Et il faut monter à l’Ouillat après ça ! Que nenni ! Ça suffit pour aujourd’hui. Demain il fera jour !
Il faut dire que pour monter au col de
l’Ouillat, il faut se cogner 12 Km de route ! 12Km de bitume par cette
chaleur ! L’horreur…
Nous faisons le point sur la terrasse
ombragée d’un bar en compagnie d’un solide casse-dalle et d’une bière
bien fraîche. Et si on s’y faisait monter à l’Ouillat ? Allez, à nous
trois, si c’est moins de 20 €, banco ! Renseignements pris, le garçon
de café nous annonce 19 € !...Brigitte, le taxi qui nous emmène nous
rassure en nous apprenant qu’elle monte régulièrement des randonneurs
HRPistes qui craquent à l’idée de se farcir les 12 bornes qu’elle nous
fait faire en voiture. Et, pus la route défile, plus nous sommes
satisfaits de notre choix ! Futurs HRPistes, ne culpabilisez pas,
faites le…tellement mieux !
Le soir j’invite mes deux compagnons à fêter mon anniversaire, 57 piges dans le dos qu’il a le Yoyo !!! Putain…déjà !
Dimanche 30 juillet
Col de l’Ouillat-Banyuls
La Méditerranée !
Nous avons dormi à la belle étoile et nous levons tôt à cause de la chaleur de la journée. Lever particulier aujourd’hui…le dernier…après, ça sera plus pareil. Le jour est déjà levé lorsque nous atteignons le pic Neulos d’où nous embrassons la plaine catalane et la mer devant nous. Nous devons suivre le GR 10 jusqu’au bout…nous les suivons tellement bien ces marques rouges et blanches qu’on arrive à se paumer ! Nous les quittons pour contourner un mamelon par le Sud et les retrouvons un peu plus loin…sauf que…elles nous entraînent plein Sud ces balises ! Alors que nous devrions tirer plein Est ! En fait, nous avons quitté les marques rouges et blanches du GR 10 pour retrouver celles d’une variante du GR 11 espagnol ! Demi-tour, mille dios ! Rattraper le col de l’Orry et reprendre notre itinéraire normal…Il fallait bien ça pour la dernière journée !
Sec…tout est sec…les quelques vaches
aperçues sont aussi sèches que l’herbe rare qu’elles essaient de
trouver. Où sont les magnifiques troupeaux de la vallée d’Aspe ? Où
sont les cascades et les torrents des Pyrénées centrales ? D’ailleurs
nos propres réserves sont épuisées…et il fait de plus en plus soif ! Le
magnifique panorama qui s’étale sous nos yeux nous fait oublier la
déshydratation qui s’installe…et puis, tout est relatif : de l’eau nous
en aurons ce soir. Que dire de ces peuples africains pour lesquels
l’eau est réellement une question de vie ou de mort chaque jour ?
Nous
sommes au pic de Sailfort, au-dessus de Banyuls et de Port Vendres. La
tour Madeloc est encore petite vue d’ici. Nous restons un moment à
contempler la plaine et la mer. Et nous attaquons la descente…dernière
galère ! Descente infernale. 900m de descente dans les cailloux et la
poussière sous une chaleur qui augmente au fur et à mesure de la
descente. Il me tarde d’arriver à « la fontaine des chasseurs » juste
après le col des Gascons. Aussi j’accélère le pas pour y parvenir
(temps annoncé : 2h. Effectué en 1h1/4 ! Faut-y avoir soif !). Chantal
et Jean-Marc m’y rejoignent. Malins, ils ont réussi, sur le chemin de
descente, à soulever une plaque en fonte sous laquelle passe une
conduite d’eau ! Nous bavardons avec un groupe de jeunes qui
s’apprêtent à monter ce que nous venons de descendre et nous prenons la
direction du camping municipal.
Épilogue
Les 3 de l'arrivée !
Qu’est-ce
qu’on fout là ? On plante nos tentes dans une portion allouée où
n’existe que la poussière ! Pas d’herbe ni de terre, de la poussière !
Pas moyen de se poser. Le tronc d’arbre qui pourrait meubler l’enclos a
brûlé et est plein de noir de fumée. Jean-Marc en sait quelque chose,
lui qui s’y est assis ! Il s’est relevé en proférant des propos qu’il
ne convient pas de reproduire ici ! Et ce monde ! Tous ces vacanciers
entassés qui sentent l’ambre solaire et les merguez ! Et ce bruit de
fond de camping qui me fait aimer les « boum boum badaboum » du bivouac
!
Nous devions rester un jour à Banyuls. La décision est prise, Chantal appelle Joël qui viendra nous récupérer demain vers midi !
Lundi 31 juillet
Retour à Castelnau
Nous
plions les tentes aussitôt levés et partons vers la ville pour aller
prendre le petit déjeuner sous la plaque annonçant l’aboutissement du
GR 10 côté Méditerranée. Nous n’allons tout de même pas partir sans
aller nous y tremper dans cette Méditerranée que nous voyons depuis
plusieurs jours ! Le lien est fait avec l’Atlantique !
Joël
arrive sur le coup de midi comme prévu et nous prenons
l’autoroute…Perpignan, Carcassonne, Toulouse, Castelnau-Barbarens….où
un comité d’accueil nous attend avec, entre autres, Martine, Serge et
Christian, mes compagnons de route d’un moment….
C'est fini...
A ce jour et avec ce que j’ai appris de cette traversée, je sais que je la referai en me mitonnant un itinéraire sur mesure…
...prévu juin 2010 avec départ du Cabo Higuer par la Senda (GR 11)...
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