Mercredi 26 juillet
Ull de Ter – Cabane Arago

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Pla de Coma Armada

Longue étape aujourd’hui, étape étrange dans des paysages que je n’avais pas encore rencontrés dans les Pyrénées.

Du refuge d’Ull de Ter nous allons vers la station de ski pour aller au porteille de Morens. Le temps est beau, les orages d’hier sont bien loin. Du porteille de Morens jusqu’au refuge de Mariailles la balade se fera sur une succession de plateaux et de crêtes jamais rencontrés pendant la traversée…à commencer par le pla de de Coma Ermada, vaste étendue pelée qui rappelle plutôt le Larzac. Il s’en suit une marche agréable jusqu’au pla de Guilhem dans un paysage qui commence à sentir la Méditerranée au milieu de pierres et rochers blancs avec, en point de mire, le massif du Canigou. Roc Colomb, collade de Roques-Blanches, cabane du pla Guilhem et c’est l’arrivée et la pause à Mariailles avant de reprendre la route vers la cabane Arago, au pied du Canigou. Cette seconde partie de la rando se déroule dans une montagne plus « traditionnelle » !
Pour paraphraser Hihpictv : « Mieux vaut dormir mort dans la tente que vivant dans la cabane Arago ! ». Aussitôt dit, aussitôt fait. D’autant que cette dernière partie de la journée aura été pénible pour Chantal qui demande grâce !

Jeudi 27 juillet
Cabane Arago-Gîte de Batère

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La "cheminée" du Canigou

Météo superbe au départ pour le Canigou. Après une bonne nuit réparatrice, mes compagnons et moi-même levons le camp tout joyeux de constater que le Canigou se franchira dans d’excellentes conditions. L’approche est tranquille par un bon sentier en pente douce. Le passage de la cheminée n’est pas si coriace : il faut s’aider des mains et ne pas avoir le vertige ! Nous aidons Chantal à monter son sac et arrivons au sommet sans encombre. Un gars est déjà là. Il est arrivé par l’Est. Arrivent ensuite un groupe de Hollandais. Tout ce joli monde arrive du refuge des Cortalets. Lors de la descente, tout à l’heure, nous en croiserons des marcheurs ! Comme au Carlit ! Le Canigou est un site très fréquenté…Pour l’instant nous jouissons d’une vue superbe à 360°. Nous espérions déjà apercevoir la mer mais la brume, tout au fond, nous en interdit la vision. Patience…

Arrêt-buvette au refuge des Cortalets où la tenancière est aussi aimable qu’une porte de prison ! Petit casse-croûte tiré du sac et c’est le départ pour le gîte de Batère…long…long…chaud…chaud…il me tarde d’en finir et je pars seul devant laissant Chantal et Jean-Marc aux bons soins du GR 10. Journée fatigante sous un chaud soleil et un vent à décorner les bœufs qui me surprend au col de la Cirère.
L’arrivée à Batère n’est pas des plus transcendantes : les vieux baraquements de l’ancienne mine de fer à l’abandon donnent au site un côté « friche industrielle » pas franchement terrible…d’autant que dans l’une de ces ruines je découvre le cadavre d’une brebis en pleine putréfaction…bonjour l’ambiance ! C’est dans un de ces bâtiments abandonné qu’a été installé le gîte de Batère. Heureusement, le sens de l’accueil de notre hôtesse, Annie, une bonne douche et une bonne bière nous réconcilient avec le milieu environnant !

Vendredi 28 juillet
Gîte de Batère-Ermitage de Las Salinas

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Chênes verts

Après un bon petit déjeuner chez Annie, nous descendons sur Amélie les Bains. Nous ne sommes plus, encore une fois, dans les mêmes Pyrénées : les chênes verts et chêne-liège deviennent l’essentiel des arbres alentours. Traversée d’Amélie sans problème, la ville semble ronronner au rythme de ses curistes. Nous déjeunons au centre ville (la réadaptation commence !) et prenons la direction de Las Salinas. A peine engagés sur les hauteurs d’Amélie, « boum boum badaboum ! ». Ça faisait un moment ! L’orage ne durera pas et nous pouvons attaquer la montée dans la forêt : 1200m pour arriver au col du Puits de la Neige tout de même ! Avec la chaleur qui est revenue. L’ombre de la forêt nous apporte une fraîcheur appréciable. Nous atteignons enfin le col et l’ermitage…vue sur la baie de Rosas, magnifique.

Le gardien de l’ermitage nous conseille de passer la nuit au refuge non gardé attenant à l’ermitage à cause des orages annoncés pour la nuit. Nous tenons compagnie à un monsieur espagnol et son chien qui semblent être installés ici pour les vacances… « Matelas douteux vaut mieux que déluge de feu » (proverbe local créé sur place !). Effectivement, les dieux du ciel nous offrent un concert de percussions !

Samedi 29 juillet
Las Salinas-Col de l’Ouillat

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Ermitage de Las Salinas

Avant dernière étape de la traversée. Nous laissons, au loin, la baie de Rosas pour revenir en France. Après 1h ½ de marche, le chemin débouche en plein sur la terrasse du café de Las Illas ! La pause café s’avère indispensable ! Ça sera notre « douceur » de la journée. Parce qu’après, fini la rigolade ! Des Km de piste sous un soleil du tonnerre de Zeus ! Nous ne croyons jamais pouvoir joindre Le Perthus…plus on avance, moins on se rapproche ! C’est quand même pas banal ! A 14h 30 qu’on y sera au Perthus ! Crevés, les pieds en feu ! Et il faut monter à l’Ouillat après ça ! Que nenni ! Ça suffit pour aujourd’hui. Demain il fera jour !

Il faut dire que pour monter au col de l’Ouillat, il faut se cogner 12 Km de route ! 12Km de bitume par cette chaleur ! L’horreur…
Nous faisons le point sur la terrasse ombragée d’un bar en compagnie d’un solide casse-dalle et d’une bière bien fraîche. Et si on s’y faisait monter à l’Ouillat ? Allez, à nous trois, si c’est moins de 20 €, banco ! Renseignements pris, le garçon de café nous annonce 19 € !...Brigitte, le taxi qui nous emmène nous rassure en nous apprenant qu’elle monte régulièrement des randonneurs HRPistes qui craquent à l’idée de se farcir les 12 bornes qu’elle nous fait faire en voiture. Et, plus la route défile, plus nous sommes satisfaits de notre choix ! Futurs HRPistes, ne culpabilisez pas, faites le…tellement mieux !
Le soir j’invite mes deux compagnons à fêter mon anniversaire, 57 piges dans le dos qu’il a le Yoyo !!! Putain…déjà !

Dimanche 30 juillet
Col de l’Ouillat-Banyuls

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La Méditerranée !

Nous avons dormi à la belle étoile et nous levons tôt à cause de la chaleur de la journée. Lever particulier aujourd’hui…le dernier…après, ça sera plus pareil. Le jour est déjà levé lorsque nous atteignons le pic Neulos d’où nous embrassons la plaine catalane et la mer devant nous. Nous devons suivre le GR 10 jusqu’au bout…nous les suivons tellement bien ces marques rouges et blanches qu’on arrive à se paumer ! Nous les quittons pour contourner un mamelon par le Sud et les retrouvons un peu plus loin…sauf que…elles nous entraînent plein Sud ces balises ! Alors que nous devrions tirer plein Est ! En fait, nous avons quitté les marques rouges et blanches du GR 10 pour retrouver celles d’une variante du GR 11 espagnol ! Demi-tour, mille dios ! Rattraper le col de l’Orry et reprendre notre itinéraire normal…Il fallait bien ça pour la dernière journée !

Sec…tout est sec…les quelques vaches aperçues sont aussi sèches que l’herbe rare qu’elles essaient de trouver. Où sont les magnifiques troupeaux de la vallée d’Aspe ? Où sont les cascades et les torrents des Pyrénées centrales ? D’ailleurs nos propres réserves sont épuisées…et il fait de plus en plus soif ! Le magnifique panorama qui s’étale sous nos yeux nous fait oublier la déshydratation qui s’installe…et puis, tout est relatif : de l’eau nous en aurons ce soir. Que dire de ces peuples africains pour lesquels l’eau est réellement une question de vie ou de mort chaque jour ?
Nous sommes au pic de Sailfort, au-dessus de Banyuls et de Port Vendres. La tour Madeloc est encore petite vue d’ici. Nous restons un moment à contempler la plaine et la mer. Et nous attaquons la descente…dernière galère ! Descente infernale. 900m de descente dans les cailloux et la poussière sous une chaleur qui augmente au fur et à mesure de la descente. Il me tarde d’arriver à « la fontaine des chasseurs » juste après le col des Gascons. Aussi j’accélère le pas pour y parvenir (temps annoncé : 2h. Effectué en 1h1/4 ! Faut-y avoir soif !). Chantal et Jean-Marc m’y rejoignent. Malins, ils ont réussi, sur le chemin de descente, à soulever une plaque en fonte sous laquelle passe une conduite d’eau ! Nous bavardons avec un groupe de jeunes qui s’apprêtent à monter ce que nous venons de descendre et nous prenons la direction du camping municipal.

Épilogue

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Les 3 de l'arrivée !

Qu’est-ce qu’on fout là ? On plante nos tentes dans une portion allouée où n’existe que la poussière ! Pas d’herbe ni de terre, de la poussière ! Pas moyen de se poser. Le tronc d’arbre qui pourrait meubler l’enclos a brûlé et est plein de noir de fumée. Jean-Marc en sait quelque chose, lui qui s’y est assis ! Il s’est relevé en proférant des propos qu’il ne convient pas de reproduire ici ! Et ce monde ! Tous ces vacanciers entassés qui sentent l’ambre solaire et les merguez ! Et ce bruit de fond de camping qui me fait aimer les « boum boum badaboum » du bivouac !
Nous devions rester un jour à Banyuls. La décision est prise, Chantal appelle Joël qui viendra nous récupérer demain vers midi !

Lundi 31 juillet
Retour à Castelnau

Nous plions les tentes aussitôt levés et partons vers la ville pour aller prendre le petit déjeuner sous la plaque annonçant l’aboutissement du GR 10 côté Méditerranée. Nous n’allons tout de même pas partir sans aller nous y tremper dans cette Méditerranée que nous voyons depuis plusieurs jours ! Le lien est fait avec l’Atlantique !
Joël arrive sur le coup de midi comme prévu et nous prenons l’autoroute…Perpignan, Carcassonne, Toulouse, Castelnau-Barbarens….où un comité d’accueil nous attend avec, entre autres, Martine, Serge et Christian, mes compagnons de route d’un moment….

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C'est fini...

A ce jour et avec ce que j’ai appris de cette traversée, je sais que je la referai en me mitonnant un itinéraire sur mesure…

Départ prévu le dimanche 20 juin 2010 de Hendaye...

Les étapes de l'itinéraire 2010 sont une trame qui évoluera sur le terrain...

Itinéraire HRP 2010 ICI (en constante évolution!)